Langue

Les marches silencieuses programmées ce dimanche 11 janvier dans l’ensemble de la France, avec une mobilisation centrale à Paris, deviennent un phénomène de société. A Perpignan, la quasi-unanimité politique surpasse l’incohérence. Le dérapage « qu’un sang impur abreuve nos sillons », dans une Marseillaise chantée par deux fois face au club de la presse, jeudi 8 janvier, a dissuadé les profils alertes. Par ailleurs, la Clau a souligné d’étranges convocations partisanes, alors que le succès de la mobilisation est garanti.

Dans la profusion de communiqués, l’Association pour la Gauche Républicaine et Sociale – Prométhée invite chacun à participer, car les fondements de la « République laïque, démocratique et sociale sont bafoués ». Son secrétaire général, Francis Daspe, responsable du Parti de Gauche, affirme « nous serons tous Charlie Hebdo ». Le député socialiste et président de la fédération départementale du parti del partit, Jacques Cresta, se risque à affirmer « La République c’est la liberté d’expression (…) la culture (…) le pluralisme (…) la démocratie », en faisant l’impasse sur les Etats républicains bien peu démocrates. Il co-signe une tribune, avec une soixantaine d’autres parlementaires, pour « contribuer sur tout le territoire et dans nos représentations à l’étranger au rassemblement citoyen ». Les signataires s’engagent à « protéger la satire, la caricature, l’insolence ». En dehors du champ politique, le festival Visa pour l’Image pense à l’après : « il faut être libre, rester debout, poursuivre et persister« .

L’UDI, le Modem et CDC sont Charlie, mais pas le FN

Portée sur l’analyse, la Gauche Républicaine de Catalogne, affirme depuis Perpignan qu’il n’est « pas possible de garantir le vivre-ensemble en réduisent les libertés ». La formation souverainiste, fondamentalement laïque, appelle une réflexion « sincère et ouverte » sur les « erreurs » par lesquelles des « jeunes nés et éduqués ici » finissent par « lutter violemment contre des valeurs qui sont le fruit du combat de nombreuses générations ». Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) défend le slogan « Tots som Charlie » et observe que les journaux satiriques sont les « meilleurs indicateurs de la liberté de la presse ». Le député UMP Fernand Siré relève que les actes terroristes parisiens ont visé des personnes « qui se battent pour la laïcité, la démocratie, la liberté d’expression et pour la France ». La présidente territoriale du Modem, Christine Espert, espère que jamais la France « ne sombrera dans l’obscurantisme de ces barbares ». Pour l’UDI Nathalie Beaufils, les journalistes et policiers morts ne le sont peut-être pas « pour rien ». La présidente du parti centriste salue la mobilisation, qui doit rappeler que « tous en France, quels que soient notre race, notre culture, notre milieu social, notre âge, nous partageons une même identité nationale : notre liberté, notre égalité et notre fraternité ». Mais le quasi-unanime « Nous sommes Charly » n’est pas soutenu par le Front National, écarté des cortèges officiels. « Je ne suis pas Charlie Hebdo », soutient son président d’honneur, Jean-Marie Le Pen. A ce titre, son vice-président et chef de l’opposition à Perpignan, Louis Aliot, estime que la gauche « ne sait plus où est l’intérêt supérieur du pays », tout en abordant une idée sur les terroristes ou apprentis, partagée par l’opinion : « il faut empêcher ceux qui sont partis de revenir en France ».