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Si le passage Espagne-France le plus fréquenté par les migrants d’Afrique du Nord a été le Pays Basque pendant plusieurs décennies, c’est désormais le Pays Catalan qui fait figure de favori. A pied ou en train, parfois dissimulés dans des camions, les candidats à l’Europe se multiplient à Cerbère, selon un constat de la Police aux frontières (PAF). La préfecture des Pyrénées-Orientales, à Perpignan, se refuse à fournir des chiffres illustrant cette augmentation, palpable depuis 2020.

Le maire de Cerbère, Christian Grau, reconnaît une “importante augmentation du flux migratoire” depuis l’année dernière, lorsque « des groupes de 20, 30, parfois jusqu’à 50 migrants arrivaient jour et nuit”. Cette année, l’immigration s’effectue surtout en solitaire, souvent par les montagnes surplombant Portbou et Cerbère, vers un rêve français bien hypothétique pour des hommes et femmes , surnommés “harraga” (clandestins) généralement issus des anciennes colonies françaises.

53 % de migrants Africains en plus

En 2020, un total de 40 106 migrants du Maghreb et d’Afrique noire ont atteint les côtes espagnoles, par la mer, contre 26 168 l’année précédente. La progression atteint 53%, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Faute de chiffres plus proches, en guise de thermomètre de cette tendance camouflée par les autorités publiques, remarquons que l’association “Au coeur de l’humanité 66”, sise à Perpignan, affirme distribuer 200 par jour aux harragas, contre 40 auparavant. Sans surprise, cette recrudescence migratoire est mise à profit par Louis Aliot, maire de Perpignan (Rassemblement national), qui évoque “plusieurs dizaines d’étrangers clandestins qui pénètrent chaque jour sur notre sol”, dans un courrier adressé en novembre à Emmanuel Macron.

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