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Le Roi d’Espagne Juan Carlos I a été victime d’un canular orchestré par la station publique Catalunya Ràdio, ce mercredi, dans une ambiance inédite en Catalogne et en Espagne. L’émission « Tot és molt confús », dont le titre serait traduisible par « On nage dans la confusion », diffusée tous les jours à midi, a piégé le monarque espagnol, lors d’une interview par téléphone. Le journaliste Ricard Ustrell a réussi à se faire passer pour le secrétaire du nouveau président catalan, Artur Mas, avant de converser deux bonnes minutes avec le souverain. A l’occasion de l’anniversaire des 73 ans de Juan Carlos, la production de l’émission est parvenue à passer à travers l’ensemble des filtres du Palais de la Zarzuela de Madrid, où résident les rois. La radio généraliste du Gouvernement catalan, leader d’audience, s’est ainsi préparée à diffuser la vraie-fausse interview, que le Roi a débutée nommant poliment « president », en catalan, le pseudo-président. Le journaliste acteur du canular s’est cependant signalé rapidement afin de mettre fin à la confusion, qui constitue justement le style de l’émission.

Mais une fois l’appel terminé, la Maison Royale espagnole a contacté la direction de Catalunya Ràdio, qui a accepté de ne pas diffuser le canular, néanmoins disponible sur le serveur de vidéos Youtube. Dans l’après-midi, la Corporation Catalane de Médias Audiovisuels a ordonné le retrait du document, qui a disparu aussitôt du réseau. Selon les témoignage de l’équipe de « Tot és molt confús », le Roi d’Espagne, surpris par l’appel, a réagi positivement dans les premiers instants, en se montrant amusé par le le scénario inventé à son intention. Ce procédé, jamais observé auprès du sommet de l’Etat espagnol, rappelle les blagues téléphoniques accomplies par l’humoriste français Gérald Dahan. En 2005, cet imitateur a réussi à se faire passer pour Jacques Chirac, alors Président de la République, auprès du footballeur Zinedine Zidane, qu’il a convaincu de placer sa main sur son coeur lors de la diffusion de la marseillaise, en plein stade. Quelques semaine plus tard, il se faisait passer pour l »humoriste Pierre Palmade auprès de Nicolas Sarkozy, avant de piéger Ségolène Royal, en 2007, après s’être glissé dans la peau du premier ministre québécois.

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