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La Clau
Bruxelles juge « regrettable » la suppression de la radio Flaix FM à Perpignan
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L’espace ouvert de la communication européenne a fait l’objet ce mercredi d’un commentaire écrit de première importance, à travers l’exemple nord-catalan. Dans une note officielle, la Commission Européenne (CE) a en effet cité expressément la disparition de la station sud-Catalane Flaix FM des ondes du Roussillon, et la confidentialité de la station publique Catalunya Ràdio. Jusqu’au 20 septembre 2010, ces deux radios été captées sans difficulté à Perpignan, mais le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a ordonné à l’État espagnol de supprimer l’émission de la première et de réduire la puissance de la seconde. Depuis, Catalunya Ràdio est captée très difficilement en Roussillon, après 20 ans d’absolue normalité, tandis que Flaix FM est absente. La CE indique « du point de vue de la diversité linguistique, il est regrettable que l’on réduise l’offre de langues supplémentaires à travers la radio ».

L’exécutif communautaire reconnaît que les stations visées, au motif d’occasionner le brouillage improbable des radios françaises Nostalgie et RCN radio, la première installée à Paris, la seconde à Perpignan, « ne disposent pas de fréquence attitrée en territoire français », tout en arguant « les médias peuvent vaincre les barrières linguistiques et habituer les citoyens à la variété des langues et des cultures présentes au sein de l’Union européenne ». Cette déclaration revient à Androulla Vassiliou, commissaire européenne chargée de l’Éducation, de la Culture, du Multilinguisme, des Médias et de la Jeunesse, selon laquelle les médias « peuvent être aussi un instrument efficace pour l’apprentissage naturel des langues ». Dans ce sens, la station de musique électronique Flaix FM et la radio généraliste Catalunya Ràdio, toutes deux leaders d’audience et basées à Barcelone, ont pu assumer un rôle de familiarisation à une langue catalane moderne. Leur impact universel, opposé à toute exaltation des racines et aux replis locaux, aurait pu justifier en partie la demande du CSA. La construction européenne par l’intermédiaire des médias, relativement avancée entre la France et Suisse tout comme entre la France et le Pays Basque du sud, semble patiner sur la partie catalane du continent, en dépit de rapprochements économiques, politiques et sociaux de plus en plus perceptibles.

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