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La détérioration des paysages par l’immobilier, parfois illégalement, progresse dans les Pyrénées-Orientales, notamment sur la Côte Vermeille. Dans ce contexte, le 1er février, le tribunal administratif de Montpellier a annulé la révision simplifiée du Plan d’Occupation des Sols (POS) de la ville de Port-Vendres adopté en 2009 et devenu Plan Local d’Urbanisme (PLU). Cette commune, déjà distinguée depuis les années 1990 par son lotissement litigieux « Le pont de l’Amour », situé sur sa crête Sud, est actuellement visée dans l’aménagement de sa crête Nord, proche de la vallée de l’Oli, qu’elle partage avec Collioure. Au sein de cette coupure naturelle entre les deux communes, une enfilade d’habitations bâties depuis 2010 modifie déjà la ligne de crête, où, en 2011, une maison était d’ailleurs visée par un mystérieux projet d’attentat, déjoué à temps. Mais en contrebas, un projet immobilier interpelle l’association Port-Vendres Nature Environnement, qui a saisi la justice avec l’aide de la Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement (Frene 66), réputée perspicace envers le respect de la Loi littoral.

La mairie de Port-Vendres mènera son projet à bien

La mairie de Port-Vendres est sanctionnée par la justice administrative en vertu de ce nouveau programme immobilier, mitoyen des barres de HLM du site Coma Sadulle. En opposition, les associations, déjà échaudées par l’impact visuel sur la crête, invoquent un risque de crues torrentielles, en raison d’une forte déclivité du sol. Pour le tribunal, le conseil municipal de Port-Vendres a modifié sommairement son PLU, commettant ainsi une infraction au code général des collectivités territoriales, et une éventuelle urbanisation de 28.600 m2 sur cette zone jusqu’alors inconstructible exige des accès appropriées. L’association Frene 66, crainte par de nombreuses communes du Pays Catalan, persévérera « tant que le contrôle de légalité n’existera pas en matière d’abus urbanistiques des communes », tandis que la mairie de Port-Vendres défend son PLU et prévoit de passer outre. Celle-ci est également concernée par une autre demande d’annulation, prononcée à la même date par le Rapporteur public, concernant une 3e modification de son POS pour le quartier des Tamarins, voisin du port. Enfin, en marge de tout action auprès de la justice administrative, un récent aménagement urbain implanté dans sa zone naturelle du Cap Béar est dénoncé par l’association Agir pour Port-Vendres.

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