Langue

Selon l’Institut du Paysage Urbain et de la Qualité de Vie de Barcelone, la ville comptait en septembre 2007 pas moins de 261 plaques, inscriptions ou monuments faisant allusion au régime franquiste, pourtant révolu depuis 1975. Parmi les 10 districts de la capitale catalane, celui de l’Eixample, le plus peuplé, avec près de 270.000 habitants, est également l’un de ceux qui possèdent le moins de symboles de l’époque du Caudillo. Mais parmi les deux symboles toujours présents se trouvait la seule statue franquiste de Barcelone, une Victoire du sculpteur Frederic Marès, disparu en 1991. Cette œuvre était particulièrement visible, puisque située Place Joan Carles I, à l’intersection du Passeig de Gràcia et de l’Avenue Diagonal, au lieu dit « Cinc d’Oros », l’un des principaux nœuds routier de la ville. Cette statue, inaugurée le 26 janvier 1940 pour célébrer le premier anniversaire de l’entrée des troupes franquistes à Barcelone, était adossée à un obélisque datant de l’époque républicaine. Ce buste féminin, tenant une victoire ailée dans la main gauche, avait lui-même remplacé la statue d’origine dédiée à Francesc Pi i Margall, mort en 1901, Président de l’éphémère Première République Espagnole.

La ville de Barcelone, qui se veut exemplaire dans l’application de la Loi de Mémoire Historique lancée par José Luis Rodríguez Zapatero, a toutefois accordé à l’œuvre controversée un sursit de quatre semaines. Mais, ce dimanche 30 janvier, une fois les soldes terminées, les opérations visant à son retrait ont pu commencer, faisant ainsi le bonheur de quelques 200 nostalgiques de la République espagnole, présents pour l’occasion. La page d’histoire qui se tourne ne semble pas pour autant signifier une fuite vers l’amnésie, car, après restauration, la statue du sculpteur originaire de Portbou rejoindra le Musée d’Histoire de Barcelone.

!––––––––––––––[if>

Partager