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Depuis plusieurs semaines, les turpitudes de la construction de la ligne TGV Perpignan-Barcelone sont archéologiques dans la capitale catalane. Courant juillet, un site à haute valeur historique, contenant une imposante ville romaine, est apparu dans le chantier de la gare de la Sagrera, en cours au nord de la ville depuis février. En dépit du caractère unique de cette ancienne zone habitée dotée d’une piscine et de mosaïques, dont l’existence n’a été révélée que le 2 septembre, le chantier doit se poursuivre inexorablement. Ce choc entre le passé et l’avenir est accompagné à la hâte de prélèvements, prises de photographies scientifiques et inventaires, effectués quotidiennement par 60 archéologues, jusqu’à la tombée de la nuit. Cette villa, présente côté mer du noeud ferroviaire, sera sacrifiée par la poursuite de la construction de l’énorme gare prévue, pour un coût de 222 millions d’euros, par laquelle les voyageurs en provenance du Roussillon entreront à Barcelone.

Ce contretemps patrimonial s’ajoute à une découverte tout aussi surprenante, qui témoigne d’une période plus proche, mais n’a seulement été dévoilée ce vendredi. Des ossements contemporains de la Guerre des Faucheurs, déclenchée en 1640 et finalisée par la signature du traité des Pyrénées, en 1659, ont été identifiés au début de l’été. Douze fosses communes contenant les restes de soldats, datant de la fin du XVIIe au début du XVIIIe siècle, exigent là aussi un intense travail archéologique, qui stoppe net le chantier. Cet inconvénient technique concerne la partie haute de la Rambla Prim, où l’analyse de dizaines de corps débouchera, comme dans le premier cas, vers une exploitation assumée par le Musée d’Histoire de Barcelone. La découverte de monnaies, qui permet de dater les ossements, rend les fouilles aussi exaltantes qu’amères, car l’heure tourne, et la Ligne à Grande Vitesse n’attend plus, d’autant que d’autres découvertes ne sont pas exclues.

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