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La tentative d’attentat du métro barcelonais d’août 2008 avait pour objectif de pénaliser une Espagne engagée en Afghanistan, mais également de toucher la forte communauté pakistanaise de Barcelone. Elle a permis de faire la lumière sur la cellule du quartier du Raval, et de montrer que la ville, cosmopolite, était par ailleurs un important foyer d’islamistes radicaux. Cet attrait pour la capitale catalane et ses villes périphériques ne pouvait que favoriser une forte présence des différents services secrets, probablement la plus importante à Barcelone depuis 1945. Si des avertissements émis dès 2007 par le journal La Vanguardia, évoquant un important foyer jihadiste, n’avaient pas toujours été pris au sérieux par les dirigeants politiques, la confirmation est survenue par l’attentat avorté, puis par les révélations du site Wikileaks et de l’intelligence espagnole.

Les espions seraient donc légion à Barcelone, à tel point que leur densité confère à la ville le statut peu enviable de première place européenne en la matière. Il s’agirait d’Espagnols d’abord, dont l’effectif a été récemment décuplé, notamment par la multiplication des services de renseignement en présence. Car à l’action du Centre National d’Intelligence espagnol s’ajoutent celles de la Police Nationale espagnole, la Guardia Civil, et des Mossos d’Esquadra, la police catalane, dans une multiplicité d’agents qui peut freiner l’efficacité, voire nuire à la discrétion. Bien que les pays arabes et le reste des européens ne soient pas en reste, la palme de la plus forte représentation étrangère reviendrait aux Américains de la CIA et aux Israéliens du Mossad. Ces espions emploient l’entrisme et le mimétisme : tout comme les extrémistes, ils n’hésitent pas à utiliser comme base de travail des petits commerces situés dans les quartiers sensibles.