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Une avalanche d’informations copiées-collées s’abat sur Perpignan depuis ce lundi 5 janvier au sujet de la suppression de bancs publics. Cette mesure a été accomplie en décembre par la mairie, pour éviter la présence d’individus non désirés sur l’espace public. Le 26 décembre, la Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement (Frêne 66), nous adressait un communiqué dénonçant ce retrait, au bord de la rivière de la Basse et sur la place Magenta. Elle reliait cette disparition à la « minéralisation de toutes les places de la ville » et à la « destruction des jardins et espaces verts ». Avec humour, elle soulignait que l’Hôtel de Ville privilégie les « culs pointus », car seuls « les sièges difformes de la place de Catalogne sont restés en place ».

Une information tronquée dans la déferlante

Cette observation militante, répercutée par Midi Libre le 4 janvier, a fait l’objet d’une reprise par l’Agence France Presse (AFP), ce lundi 5 décembre. S’en suit une ribambelle de re-reprises sur Europe 1, Libération, BFMTV, Le Figaro, France Télévisions, La Dépêche du Midi, Le Parisien, Metronews ou encore Atlantico. A la faveur du vide informatif de début d’année, Perpignan trouve une place singulière dans l’actualité nationale. Pourtant, la prise de position de Frene 66 ne se limitait à cette initiative, qui fait écho à la disparition des bancs publics à Angoulême, avant Noël. La structure catalane critiquait même la grande roue installée pour les fêtes au pied du Castillet, les « terrasses envahissantes des restaurants de la place Arago » et les chalets nordiques occupant le quai Vauban. Sa vision globale, qui lui appartient, est celle d’un amenuisement de l’espace public. Taquine et perfide, elle suggère de mobiliser les photojournalistes du festival Visa pour l’Image, de « belles âmes », pour « dénoncer cette punition collective ».