Langue

La possibilité d’un incendie linguistique en Catalogne du Sud, évoquée en 2011 suite au choix de la Cour Suprême espagnole de rendre obligatoire l’enseignement en langue espagnole, se confirme. Approuvé ce vendredi 17 mai en conseil des ministres, à Madrid, l’avant-projet de loi pour l’amélioration de la qualité éducative introduit la langue espagnole dans le système éducatif catalan, dont la compétence échoit entièrement au gouvernement catalan depuis 1980. Ce dispositif était pressenti dès le mois de décembre 2012 comme voué à « espagnoliser » les enfants sud-catalans, selon les mots du ministre de l’Education et de la Culture, José Ignacio Wert. Il impose à la Generalitat de Catalogne le castillan comme langue véhiculaire de l’enseignement, dans le cadre d’un « droit constitutionnel des parents », d’après M. Wert, qui précise que son ministère assumera le coût de cette scolarisation, dans des écoles privées, puis le décomptera des finances publiques catalanes. Cela représenterait 5000 euros par enfant, pour un total de 1000 seulement, comme l’indique le ministère.

Une loi espagnole « pré-démocratique »

A Barcelone, le tollé est général au sein de l’exécutif catalan, dont la ministre-conseillère de l’Education, Irene Rigau, annonce un refus catégorique d’une loi qu’elle estime « pré-démocratique » et qu’elle n’appliquera pas. Dans le contexte sud-catalan, cette expression renvoie aux années noires du régime de Franco, lorsque que la langue catalane était interdite. Le gouvernement catalan, qui fait face à de multiples front de désaccord politique avec le gouvernement espagnol et s’oriente vers une nationalisation intégrale de son territoire, trouve dans cet épisode linguistique un nouveau motif d’éloignement du modèle espagnol, dont la Constitution de 1978 garantit son autonomie à la Catalogne. Le refus catalan de la loi Wert, qui « anéantit les bases pédagogiques du modèle catalan » et constitue une « énorme blessure au gouvernement propre et à la dignité institutionelle », comme l’affirme Mme. Rigau, devrait renforcer les inimitiés et un désir de détachement de l’Espagne, souhaité par 54,7 % des Catalans du Sud, selon un sondage du Centre d’Etudes et d’Opinions du gouvernement catalan, publié le 21 février.

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