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Les grues et les pelleteuses roussillonnaises qui s’affairent sur l’ancien poste frontière du Perthus-autoroute, pour démolir la structure métallique qui surplombe les chaussées, mettent fin à une longue période d’illégalité. Le trafic routier sur cette portion d’autoroute devrait s’en trouver facilité, car il aura été porté, à l’issue des transformations en cours, de 10 à 90 km/h. Le Perthus, dont le nom vient du latin, pertusus, qui signifie « trouée », est l’un des points de franchissement des Pyrénées les plus faciles. En 1976, seulement quelques mois après la mort du général Franco, les autoroutes AP-7 et A9 s’y retrouvent. Elles sont dès lors surplombées par l’imposante pyramide de Ricardo Bofill, et séparées par les cabines du poste frontière. Vouées à la destruction depuis l’entrée en vigueur des accords de Schengen en mars 1995, ces dernières sont néanmoins maintenues, alors que parallèlement, la notion de frontière a évolué de la simple ligne de séparation, vers un espace fluctuant et mobile. Après quinze années de résistance, la situation s’est débloquée, et, depuis le mois d’octobre, sous la menace d’une amende de 17 millions d’euros brandie mainte fois par la Commission européenne, les Etats français et espagnol s’exécutent.

La future mise en place du premier tronçon de la Ligne à Grande Vitesse entre Perpignan et Barcelone, les aménagements et l’élargissement de la Nationale II au Sud des Pyrénées ou encore l’élargissement de l’autoroute « La catalane » entre Perpignan et le Perthus, dont le poste frontière a été franchi par plus de 10 millions de véhicules en 2008, mettent en évidence l’urgence de fluidifier la circulation dans le secteur du viaduc du Pox. La vitesse du trafic routier va donc s’accélérer dès les prochains jours sur cette portion d’autoroute, alors que la tendance en termes de fréquentation pour les années à venir est sans appel. Car d’ici 2030, ce sont 50.000 véhicules par jour qui utiliseront le franchissement pyrénéen de l’E15, au col du Perthus, soit une augmentation du trafic de 60%. Ce renforcement des flux obligera les douanes et les polices à adapter leurs stratégies sur un axe également emprunté par des narcotrafiquants, mais, dans l’immédiat, les forces de l’ordre peuvent toujours utiliser les cabines situées sur l’axe formé par la Route Départementale 900, en Roussillon, et par Nationale II, en Empordà.

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