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100.000 personnes selon les organisateurs, 6000 selon la police municipale de Barcelone, ont participé le 12 octobre, dans cette dernière ville, à une mobilisation d’opposition à l’indépendance de la Catalogne. Ce rassemblement, sur la place du même nom, n’a pas occasionné de perturbations sur la circulation. Les drapeaux espagnols, majoritaires, s’y sont mêlés aux drapeaux catalans, dans l’esprit développé par la fédération d’associations invitante, « D’Espagne et Catalans« , qui prône la dualité identitaire sous le slogan « La Catalogne, c’est nous tous ». Dans le nouveau contexte engendré par la manifestation historique du 11 septembre, qui a attiré 1,5 million de personnes favorables à un Etat catalan inclus dans l’Union européenne, ce 12 octobre a fait figure de témoignage. Outre les partis politiques réfractaires à l’indépendance catalane, Partido Popular et Ciutadans, il a rassemblé la mouvance extrémiste, sur un autre site. 150 jeunes convoqués par le parti politique ouvertement fasciste Phalange Espagnole, fondé en 1933 et maintenu en parfaite légalité, ainsi que la formation plus récente Démocratie Nationale (DN), ont exprimé leurs revendications sur la colline de Montjuïc. Après avoir enflammé des drapeaux indépendantistes catalans en exécutant des signes fascistes, les participants ont écouté le président de DN, Manuel Canduela, qui a fustigé le souverainisme catalan et lancé : « l’Etat est obligé de donner sa vie et d’ôter la vie à certains pour défendre l’unité nationale ». Lourde de sens, cette affirmation n’est pas étrangère aux évènements du XXe siècle. Car en 1940, le président du gouvernement catalan, Lluís Companys, livré par la Gestapo au gouvernement franquiste espagnol, a été fusillé précisément à Montjuïc.

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