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La mairie de Perpignan a lancé mardi 9 octobre, par communiqué, un appel intitulé « Exposez vos crêches ! ». Dans le cadre de sa grande exposition de pessebres attendue du 1er décembre prochain au 6 janvier 2019, l’Hôtel de Ville invite les habitants à exposer leurs représentations la nativité chrétienne. Cette initiative intervient « à la suite du succès rencontré ces deux dernières années, puisque plus de 30 000 visiteurs avaient pu découvrir les magnifiques pessebres exposés place de Verdun » en 2016 et 2018, soulignent les services du maire, Jean-Marc Pujol, associé à la ligne dure du parti Les Républicains. Ces crèches de 2018-2019 seront visibles au rez-de chaussée de l’ancienne Maison Quinta, à quelques pas du Castillet.

Un an après la chapitre clos par le Premier ministre

Cette mise en valeur hautement identitaire à faire pâlir les militants de la laïcité radicale intervient dans le contexte sensible issu des dernières années. A Perpignan, la majorité complétée par une opposition intégralement composée du Rassemblement National (ex-Front National), dirigée par Louis Aliot, agit avec finesse. Elle appelle le tréfonds de la société perpignanaise a présenter un élément de culture populaire, qui reste neutre pour les chrétiens d’origine, mais fortement chrétien pour les musulmans, nombreux parmi la mosaïque spirituelle de la capitale du Roussillon. Ce choix politique arrive près d’un an après la polémique close par le Premier ministre, Edouard Philippe, qui avait jugé « accessoire » le débat sur les crèches dans les mairies, le 20 décembre 2017 dans l’hebdomadaire La Vie. La législation reste cependant aléatoire, car le maire de Béziers, Robert Ménard, a dû retirer une crèche de la mairie de Béziers, sous peine d’amende, l’année dernière. L’ex-président de Reporters Sans Frontières, qui souhaitait investir un lieu public d’un signe ostentatoire non-musulman, avait fait déménager la crèche incriminée dans un autre bâtiment municipal. Cette réaction très française resterait impensable en Catalogne du Sud, en Italie ou en Allemagne, où les racines chrétiennes de la société actuelle ne sont pas considérés comme le fruit d’une interprétation idéologiquement orientée, mais comme une banalité.

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