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La Sagrada Família, chef d’œuvre inachevé de l’architecte Antoni Gaudí, a attiré plus de 2 millions de visiteurs en 2009, mais un grand changement est survenu depuis consécration, le 7 novembre 2010 par le Pape Benoît XVI. Le monument, qui était déjà le symbole de Barcelone, a bénéficié d’une exposition télévisuelle majeure, et d’une forte augmentation de sa fréquentation, qui provoque l’exaspération de nombreux riverains. Après les appréhensions liées au passage du tunnelier de la Ligne à Grande Vitesse qui a percé jour et nuit le sous-sol de la cathédrale moderniste, l’automne dernier, les voisins aspirent au calme. Mais les jours où la visite du temple est gratuite, notamment tous les samedis de janvier dernier, les compteurs s’affolent. Ces seules quatre journées ont drainé 160.000 personnes, dont 55.000 pour la seule journée du 15 janvier, c’est à dire une véritable avalanche. Le succès a été tel que cette opération a été prolongée de 4 heures, alors que des messages devaient être diffusés en boucle dans le métro, afin de dissuader les candidats à rejoindre le monument.

Bien que de telles affluences restent exceptionnelles, au quotidien, le monument est loin d’être déserté. Les entrées vendues à 13,8 euros partent comme des petits pains, et, certains jours, ce sont plus de 150 autocars touristiques qui envahissent les abords de la basilique. Les riverains ont obtenu depuis plusieurs années que les autobus ne puissent effectuer qu’une simple dépose et un ramassage des visiteurs, mais les nuisances demeurent, et les interminables files d’attente empiètent régulièrement sur le trottoir. Alors que la zone de stationnement réservée aux autocars sera prochainement agrandie de 400 mètres, les habitants énervés ont participé, début juin, à une manifestation citoyenne, afin d’exiger davantage de mobilité autour de la Sagrada Família. Les plus modérés souhaitent que le secteur devienne piétonnier le week-end, mais les plus virulents proposent un dispositif de dénonciation, avec photos à l’appui des bus qui ne respectent pas les consignes.

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