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Soixante-seize ans après les faits, le Tribunal de Barcelone a ouvert, le 23 janvier, une enquête sur le bombardement de Barcelone orchestré en 1937 et 1938 par l’aviation italienne. Cette action surprenante s’inscrit dans le cadre de la défense de la mémoire historique espagnole, engagée par le gouvernement Zapatero, afin de lever le voile tenace placé sur les crimes franquistes. Mais alors qu’une enquête générale à ce sujet, lancée par le célèbre avocat Baltasar Garzón, est restée dans suite, cette tentative plus ciblée concerne l’alliance nouée, à la veille de la seconde guerre mondiale, entre l’Espagne bientôt franquiste et l’Italie déjà fasciste. Dans une accointance internationale, le régime du général Franco avait alors sollicité Benito Mussolini afin de réduire la Catalogne républicaine.

1000 tonnes d’explosifs et 5000 morts

Entre le 3 février 1937 et le 29 janvier 1938, les bombardements de l’aviation italienne ont occasionné à Barcelone la destruction de 1808 bâtiments. Pilonnée par 1000 tonnes d’explosifs d’époque, la ville a déploré la mort de 5000 personnes lors de ce fait de guerre décisif dans la réussite du coup d’Etat franquiste, donnant lieu à un régime totalitaire établi de 1939 à 1975. L’action en justice enclenchée fait suite à une demande formulée à l’encontre de l’Etat italien par deux descendants de victimes des bombardements, âgés de 83 et 93 ans. L’enquête doit déterminer l’identité des responsables parmi une liste de 6000 militaires et civils italiens, afin d’intenter des démarches judiciaires à l’encontre des survivants.

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