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Une série statistique présentée le 18 octobre par l’institut gouvernemental catalan Idescat révèle un panorama social inquiétant en Catalogne du Sud, où le risque d’exclusion parmi les actifs est de 15 %, tandis que 37 % des demandeurs d’emploi vivent dans la difficulté. Sur les 7,5 millions d’habitants des quatre provinces du territoire, c’est à dire celles de Girona, Tarragona, Lleida et Barcelone, cette dernière comprenant 5,5 millions d’habitants, la crise engendre des conséquences brutales. Ainsi, selon les critères internationaux, la pauvreté touche 29,5 % des sud-Catalans, pour une moyenne européenne de 21,6 %. Cette tendance, progressivement affirmée depuis 2007, porte sur 2,2 millions de personnes, défavorisées en matière de logement, d’alimentation, d’éducation et de santé. Plus généralement, les efforts et privations inhérents aux difficultés économiques s’illustrent par 57 % des habitants peinant à boucler leurs fins des mois et 12,7 % sans chauffage. Ces données restent cependant voisines du confort de vie de larges secteurs sociaux et d’une solidité des classes moyennes. En outre, le principe d’égalité sociale cher à la France est moins prégnant au Sud du massif des Albères, comme en Allemagne, dans le monde anglo-saxon et la plupart des Etats européens.

La Catalogne, région la plus riche d’Espagne, avec le plus de pauvres

Le paradoxe de ces chiffres est rendu manifeste par la prépondérance de l’économie sud-catalane en Espagne, avec 18,7 % du PIB en 2011, contre 17,74 % pour la région de Madrid affichait et 13,69 % pour l’Andalousie. Mais, dans un taux de pauvreté espagnol de 26,7 %, la Catalogne occupe avec tristesse la première place. Cette situation conforte le gouvernement catalan, selon lequel une fiscalité propre rendrait à la Catalogne les fruits d’un dynamisme certain, indépendamment de la crise, tout en pouvant fournir l’appui de la force publique aux plus fragilisés.

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