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Le bilan des saisies de drogue effectuées dans la province de Girona depuis janvier 2012, présenté le 15 octobre par le gouvernement espagnol, révèle un volume de 19 tonnes de haschish intercepté à La Jonquera. Par voie routière, le trafic en provenance du Maghreb, vers l’Europe, constitue un véritable couloir organisé, largement comparable aux flux commerciaux légaux. Cette réalité concerne directement ou indirectement les Pyrénées-Orientales, parfois choisies comme territoire de destination, mais plus généralement comme voie de passage. En matière de drogues, 41 kilos de cocaïne, 3,1 kilos d’héroïne, 17.000 pilules d’extasy et 10,6 kilos de méthamphétamines ont également été stoppées aux portes du Roussillon, ces activités illégales occasionnant 114 arrestations.

L’argent sale circule aussi par La Jonquera et le Perthus

Cependant, aux substances illicites, détectées par la Guardia civil espagnole, en coordination avec la police nationale espagnole et les Mossos d’esquadra catalans, s’est ajoutée la saisie de 3,6 millions d’euros en espèces. Cette tendance en progression est particulièrement illustrée par des individus de nationalité chinoise, employés à une évasion financière vers d’autres pays européens, notamment l’Italie, mais aussi la Chine. Dans le cadre de ce phénomène nouveau, le 9 octobre, un automobiliste chinois, âgé de 33 ans, s’apprêtant à traverser le Roussillon avec 2 millions d’euros en petites coupures, a ainsi été arrêté à La Jonquera. L’argent, conditionné à l’intérieur de 102 paquets de billets emballés sous vide, a été aussitôt placé en banque pour être mis à la disposition du Service exécutif de la commission pour la prévention du blanchiment d’argent de la Banque d’Espagne. En matière d’argent sale et de drogue, une donnée non communiquée par les autorités espagnoles et françaises est l’efficacité du filtre frontalier : au sein d’une Europe ouverte, la proportion des saisies par rapport aux flux généraux peut être minoritaire.

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