Langue

Après l’avoir validée le 2 février 2010, le Conseil Général des Pyrénées-Orientales a lancé, jeudi, une régie publique de transports, qui repose sur un statut d’Établissement public industriel et commercial (Epic). Cette formule, qui existe à Toulouse depuis fin 2009, succède à la gestion du réseau de transports par autocar exploité en Délégation de Service Public (DSP), avec plusieurs autocaristes. Parvenue à échéance le 31 août, cette délégation a assuré le développement du réseau de « Bus à 1 euro », inauguré en novembre 2008, sur un réseau en partie préexistant. D’après les calculs du Conseil Général, en charge de l’organisation des lignes routières scolaires et interurbaines, une exploitation directe sous forme de régie doit permettre une économie de 2,5 millions d’euros par an sur ses propres finances. Ce dispositif, qui globalise l’offre et constitue un puissant vecteur d’image institutionnelle, repose sur l’achat de 140 autocars neufs, pour 17 millions d’euros.

C’est donc un parc flambant neuf qui s’apprête à sillonner les routes du Pays Catalan, tandis que les autocars d’entreprises, souvent trop vieux mais sollicités jusqu’à présent, ne seront plus utilisés. Par ailleurs, à Perpignan, le dépôt de bus 9 000 m2 appartenant à la société Les Courriers Catalans, devenue filiale de la société Keolis, est en cours d’acquisition par le Conseil Général, pour 3,4 millions d’euros. L’intérêt est essentiel pour la mobilité des personnes âgées habitant en milieu rural, des publics handicapés, des personnes défavorisées, et, plus généralement, les citoyens attentifs au développement durable. Cette populaire et habile appropriation du marché des autocars constitue, plus idéologiquement, un acte fort d’anti-libéralisme, défendu par son instigateur. Jeudi, l’actuel vice-président du Conseil Général et président de la région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, signalait en effet le choix de « consolider le bus à 1 euro, ne pas le laisser à la merci d’un dérapage d’appel d’offres qui aurait pu le mettre à mal. Il fallait avoir la maîtrise complète du dispositif ». La manne publique, issue d’une fiscalité en nette croissance depuis 2004, s’oppose ainsi à l’Économie, dans un interventionnisme redoutable, tandis que le volume de précarité sociale du territoire, qui reste un sujet tabou, constitue un bouclier.

Partager

Icona de pantalla completa