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Ce samedi après-midi, la traditionnelle manifestation de commémoration du Traité des Pyrénées, séparant la Catalogne en deux parties depuis 1659, a attiré 1000 personnes sur les boulevards de Perpignan. En provenance de l’ensemble des régions historiques du Pays Catalan, descendus de la Cerdagne, venus des communes du Roussillon, de la Côte Vermeille ou encore du Vallespir et du Conflent, les manifestants ont tenu à faire entendre une voix catalane, derrière une banderole indiquant « Effaçons le Traité des Pyrénées », mais dans une revendication essentiellement linguistique. Les panneaux de villes et de villages étaient nombreux, ainsi que les réclamations pour une « école en catalan » et une « presse en catalan ». Dans une ambiance de tambours et de « gralles », le volume de participation n’a cependant pas atteint celui des dernières années, suite à un incident. En effet, une dizaine d’autobus affrétés depuis Barcelone et València, habituellement attendus à cette occasion, n’ont pu atteindre le Roussillon, suite à une crainte de blocages à l’ancienne frontière du Perthus. La « Commission 350 ans », en charge de l’organisation des commémorations de ce « 7 de novembre », a préféré jouer la prudence, quitte à dégonfler de deux bons tiers la participation, également pénalisée par la grève de la SNCF. Cette marche a comporté la participation des formations politiques Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), Unitat Catalana, Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) et Reagrupament, tout comme plusieurs associations du Roussillon, dont la puissante « Aire Nou de Bao », habituée des événements à l’air libre. Le thème choisi, « 1000 ans de catalanité, 350 ans de résistance », aura été peu suivi par la petite foule, de tous âges, dont la bonne humeur semble avoir compensé le nombre. Cette année, la mobilisation a comporté une tentative d’intoxication orchestrée par une partie de l’extrême droite identitaire, à travers la mouvance « Terre et Peuple », dirigée par le militant néo-païen Pierre Vial, ancien du Front National. Des centaines d’affiches et autocollants du groupe, prônant une catalanité ethnique, ont ainsi fait leur apparition dans la nuit de ce vendredi à ce samedi sur le parcours de la manifestation. Ces documents portaient les slogans « Résistance et reconquête, pour les terres catalanes », écrits en langue du pays. Le 7 novembre 1659, les monarchies de France et d’Espagne, représentées par les rois Louis XIV et Philippe IV, signaient le Traité des Pyrénées, établis comme « traité de paix ». Une guerre franco-espagnole débutée en 1635 prenait fin, avec pour conséquence le déplacement de la frontière hispano -française de Salses, située sur la ligne des Corbières, vers le Massif des Albères. Depuis 1984, la manifestation du 7 Novembre parcourt les rues de Perpignan, sur des revendications variables, de la simple reconnaissance linguistique jusqu’à l’indépendance de la Catalogne du Nord et des Pays Catalans.

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