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Une marche des « Indignés », convoquée ce dimanche dans toute l’Espagne dans le cadre du grand mouvement engagé le 15 mai, a réuni une foule de 100.000 personnes à Barcelone. Les organisateurs de cet évènement chiffrent la mobilisation à 270.000 participants, tandis que la police municipale de la capitale catalane avance le chiffre de 75.000, pour une nouvelle étape, qui a pris son départ à 17h. Promue via les réseaux Facebook et Twitter, cette nouvelle occupation de l’espace public s’est produite dans une ambiance pacifique, voire festive, avec tambours et sifflets, en rupture avec les tensions et la violence exercée mercredi face au Parlement de Catalogne. Par prudence, et pour préserver l’image du mouvement, plusieurs dizaines de jeunes portaient à cette occasion des chasubles de couleur jaune, sur lesquels était inscrite la phrase « Non à la violence ». Sous le slogan « La rue est à nous, nous ne paierons pas leur crise », ce nouvel acte de rue s’est déplacé jusqu’au Parc de la Ciutadella, dans le périmètre duquel est situé le Parlement. L’un des rares incidents à déplorer s’est produit lorsqu’un groupe violent, présent dans la masse populaire, a pris à partie deux Mossos d’Esquadra, policiers du gouvernement catalan, habillés en civil et infiltrés dans le cortège.

Le message général véhiculé par les organisateurs, c’est à dire le « Mouvement 15-M » et « Démocratie réelle, tout de suite! », via les relais médiatiques, a une fois de plus visé les dirigeants politiques, et le système en vigueur. A Madrid, où quelque 37.000 manifestants ont pris la rue, la particularité de la journée a été l’exigence d’une grève générale. Également concernés par la critique, le système bancaire, le chômage et les programmes d’austérité économique lancés autant par le gouvernement d’Artur Mas, depuis Barcelone, comme par le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero, depuis Madrid, a justifié des prises de position de la part des intéressés. Tandis que le président catalan affirmait souhaiter combattre « de toute ses forces » l’indignation violente, le président espagnol s’est montré partisan d’une tolérance zéro avec les « pressions physiques ».

A Girona, une marche a réuni 3000 personnes, tout un record depuis le début des revendications collectives exprimées par les Indignés. Lors d’un arrêt devant le siège territorial du gouvernement catalan, les manifestants ont scandé unanimement « Nous sommes le peuple, nous avons le pouvoir ».

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