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Le dépassement de la barre psychologique de 50 % d’habitants de Catalogne du Sud favorables à la création d’un Etat catalan inquiète l’Etat espagnol, dont le Centre National d’Intelligence (CNI) a engagé 10 millions d’euros afin d’influencer l’opinion catalane. Le magazine généraliste espagnol « Interviú » a publié le 9 avril une information qui démontre cette stratégie, contenue dans les 500 pages d’un rapport intitulé « L’horizon d’après ». Ce document a eu pour but d’éviter que le président catalan, Artur Mas, n’obtienne une majorité absolue lors des élections du Parlement de Catalogne, en novembre 2012. Dans les faits, à la surprise générale, ce scrutin a occasionné un passage de 62 députés, à seulement 50 sur un total de 135, pour la coalition présidentielle, Convergence et Union (CiU), qui a conclu rapidement un accord de gouvernance avec la gauche indépendantiste.

Dans les médias, des épouvantails contre l’indépendance

Ce plan spécifique contre le souverainisme catalan était jugé « très inquiétante » par le porte-parole du gouvernement catalan, Francesc Homs, en mi-journée du 9 avril. Le bras droit d’Artur Mas, rangeant la volonté de l’Etat derrière un « intérêt partisan », a exhorté le CNI, rattaché au cabinet de la présidence du premier ministre Mariano Rajoy, à fournir des explications sur cette opération, fondée sur une offensive médiatique en trois phases. Le document global, qui aurait été commandé à un « colonel de la Guardia Civil en service à Barcelona », a prévu d’introduire des intervenants spéciaux dans des débats télévisés et radiophoniques, afin de dissuader l’opinion sur l’indépendance. Plusieurs médias dits « espagnolistes » basés à Barcelone auraient été épaulés, tandis que la famille de l’ancien président catalan Jordi Pujol était mise en cause dans plusieurs affaires à caractère financier.

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