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Depuis le début de la crise, il y a cinq ans, de nombreux commentateurs intervenant dans les principaux médias catalans et espagnols s’étonnent du fait que les métros de Barcelone et de Madrid restent bondés tous les matins et tous les soirs de la semaine. Dans la mesure où cette affluence accompagne un taux de chômage historique, la conclusion régulièrement développée est que le travail et l’emploi officiel sont deux notions distinctes. Dans une démonstration de pertinence de ces observations empiriques, la Fondation d’Etudes Financières (FEF) a publié, le 12 juillet, une étude qui révèle une proportion de 20 % du PIB espagnol produite par les activités parallèles. Un rapport communiqué par cet organisme précise que ce travail au noir représente 20 milliards d’euros, dont 35 % issus du secteur du Bâtiment et à 20 % de l’Hôtellerie, qui égale le commerce de gros.

Des « minijobs » à 400 euros, pour légaliser la réalité

La FEF, qui estime « inacceptable » ce nombre d’emplois non-déclarés, précise que seule d’Italie, à 21 %, dépasse le taux espagnol, tandis que l’Allemagne affiche 13 %, contre 10 % en France et au Royaume-Uni. En guise de solutions, la fondation suggère la mise en place de « minijobs », défendus par plusieurs syndicats patronaux, dont la puissante fédération catalane Pimec, consacrée aux Petites et Moyennes entreprises. Ces emplois de 40 heures par semaine, pour un salaire mensuel voisin de 400 euros, composeraient un dispositif d’incitation au travail légal, complété par une simplification des démarches fiscales réservées aux employeurs. Précédemment, en juin 2011, une autre étude évaluait à 21,5 % la proportion occupée par l’économie parallèle en Espagne, tandis que l’argent au noir représentait, en mai dernier, 18,6 % des transactions.

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