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La prochaine édition du festival de photojournalisme Visa pour l’Image, principal forum du genre dans le monde, justifie pour son directeur général une défense en règle de la profession qui fonde cet événement. Sur le programme officiel, dévoilé en intégralité ce 23 août, Jean-François Leroy rappelle la première année, 1989, au temps où « nous n’avions pas d’ordinateurs », et l’invention en 1995 du terme « photojournalisme », pour les besoins du même festival de voir reconnaître un métier. Un soupçon corporatiste, le bouillonnant meneur de jeu évoque des agences de presse « florissantes » et des photographes travaillant alors « dans la joie et la bonne humeur (…) et dans de bonnes conditions financières ».

Le combat photojournaliste peut s’arrêter faute de combattants

Le changement d’époque radical survenu depuis la naissance de Visa pour l’Image, est illustré par les nouvelles technologies, parmi lesquelles les appareils photo, parfois d’excellente qualité, inclus en série sur les téléphones portables. La crise économique et la facilité de diffusion sur le web s’ajoutent à cette concurrence sur l’ancien monde, car les preneurs d’image exposés par le festival survivent, malgré une politique du « moindre coût » et la fermeture de « nombre d’agences ». Jean-François Leroy, dont le plaidoyer s’adresse à un interlocuteur insaisissable, en marge du grand public pressé dans les sites prêtés par la Ville de Perpignan, affirme que les photographes qui « vivent décemment de leur métier » sont désormais « à peine quelques dizaines » dans le monde. Pour son quart de siècle, face une indifférence certaine en dehors des cercles initiés, Visa pour l’Image voit se renforcer ses inquiétudes, exprimées en 2010 sur les images numériques retouchées par logiciel, puis en 2011 sur la multiplication des « gens qui font de la photo », parfois par hasard, et, déjà, la disparition des professionnels.

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