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L’actualité sud-catalane est accaparée par la démarche souverainiste du gouvernement catalan, dirigé par la coalition de centre-droit Convergence et Union (CiU). Le 26 septembre, au lendemain d’une annonce historique du président Artur Mas, qui convoque de nouvelles élections le 25 novembre, CiU a communiqué l’étape d’après. En association avec la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC), dotée de 10 sièges au Parlement de Catalogne contre 62 pour CiU, une résolution d’organisation d’un référendum sur l’indépendance a été actée. Cette consultation se déroulera durant le prochain mandat de M. Mas, entre 2013 et 2017 dans l’hypothèse crédible d’une victoire électorale de CiU. De son côté, le parti politique Initiative pour la Catalogne-Les Verts, fort de 10 parlementaires, a fait savoir son soutien à cette proposition, qu’il ne signera cependant pas. Ce texte précise que le processus envisagé sera le fruit d’un dialogue entre “le gouvernement (catalan – ndlr), les forces politiques et les agents sociaux et économiques”, dans le but d’« ‘obtenir le plus grand consensus possible » et d’accompagner ce « processus démocratique et la feuille de route associée”.

« La mission la plus complexe depuis 300 ans »

En l’absence de méthode standard pour l’acquisition d’une indépendance politique, le président catalan, Artur Mas, prudent de nature, a prononcé un discours solennel, le 25 septembre. Il déclarait ‘ »nous sommes tous conscients que l’assemblée issue des urnes devra assumer une mission historique, probablement la plus complexe et transcendante depuis 300 ans ». Ainsi, dans une stratégie visant à rassurer les électeurs, le document validé insiste sur un dialogue avec la communauté internationale, l’Union européenne et le gouvernement espagnol. La méthode Mas se dévoile un peu plus, sans point commun avec l’indépendantisme militant des années 1980, sans crédibilité, mais adapté depuis aux nécessités nées d’une crise économique qui questionne le rôle positif du cadre espagnol. Celui est-il majoritairement perçu comme une lourdeur ou comme un ensemble protecteur ? Selon les chiffres les plus récents, 51 % des Catalans du Sud souhaitent vivre dans un Etat scindé de l’Espagne.

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