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Dans le cadre du Plan numérique développé par l’Etat, le Conseil départemental des Pyrénées-orientales (CD66) et le rectorat de l’Académie de Montpellier procèdent depuis le 12 octobre à la distribution de tablettes tactiles dans les collèges du territoire. Chacun des 18 420 appareils prévus coûte 566 euros, soit un coût global de 3,13 millions assumé par l’institution départementale. Le CD66 participe à 30% et l’Etat à 70% à cette mesure controversée, dont le budget global représente 10,42 millions d’euros. Le quotidien L’Indépendant, propriété de l’homme de gauche Jean-Michel Baylet, s’engage même, en relayant la critique. «À peine distribuées par le conseil départemental aux collégiens, les premières tablettes numériques font déjà polémique. Il faut dire qu’à 566 euros pièce (…) l’addition reste corsée». La présidente du CD66, Hermeline Malherbe (PS), effectue en personne les premières distributions, dans une neutralité questionnée, à 60 jours des élections régionales. Il s’agirait d’un «clientélisme industriel» selon Convergence Démocratique de Catalogne (CDC), qui dénonce une «séduction d’électeurs par enfants interposés». Le parti centriste questionne l’utilité des tablettes, pratiques pour «consulter Facebook et des vidéos», moins pour «s’instruire».

Plus du double du prix moyen du marché

La gratuité des appareils est relative, car leur financement est intégralement assuré par l’impôt. Les produits, fabriqués en France, sont étonnamment chers, alors que des tablettes reconnues par les associations de consommateurs sont disponibles à 250 euros. L’objet du litige, plébiscité à Noël 2014, le sera encore cette année. Son octroi institutionnel peut ainsi faire figure de doublon dans de nombreux cas. L’initiative du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales comporte un risque certain, car les commentaires négatifs abondent sur les forums Internet. Les plus malveillants évoquent la revente des tablettes sur les sites Internet spécialisés, à l’image de «L’Ordi» de la région Languedoc-Roussillon.