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De nombreux soubresauts précèdent le réferendum informel sur l’indépendance de la Catalogne de ce dimanche 9 novembre. Cette échéance est naturellement condamnée par le gouvernement espagnol, qui a saisi le Conseil d’Etat. Le 30 octobre, cette instance a voté unanimement pour l’annulation de la « consulta » catalane et la Cour Constitutionnelle étudiera la question dès ce mardi 4 novembre, avant de se prononcer dans ce même sens, jeudi 6 novembre. L’influente vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saénz de Santamaría, éminence du Partido Popular (PP), juge que le président catalan, Artur Mas, invite ses administrés à « désobéir à la loi ». Ce dimanche 2 novembre, l’intéressé lançait en anglais sur le média militant Vilaweb « je crains que le système démocratique espagnole ne soit pas de bonne qualité« . Dans sa stratégie, objectivement connue des commentateurs politiques espagnols, le PP décrit un exécutif catalan irresponsable, entraînant une population dans l’aventure. Mais par nature, l’Etat espagnol ne peut aborder la question du statut de ses territoires historiques. L’amputation catalane inspirerait le Pays Basque, dont le Parlement autonome donnerait 61 % à sa majorité nationaliste, selon une étude de décembre 2013.

Le Partido Popular, au pouvoir à Madrid, obtiendrait 2 % en Catalogne

Une enquête publiée le 31 octobre à Barcelone jauge l’indépendantisme à 46,2 %, contre 38 % d’opposants et surtout 15,8 % d’indécis. Mais un nouveau sondage, dévoilé le même jour, prévoit une alternance politique au Parlement catalan. La bascule placerait dans l’opposition la formation au pouvoir, Convergence et Union (CiU), au profit de la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC). La première obtiendrait 13,8 % et la seconde 21,4 %, le Parti Socialiste de Catalogne 5,8 % et à peine 2,2 % pour le Partido Popular. Ces résultats concerneraient des élections anticipées, convoquées par Barcelone comme alternative à l’interdiction du référendum. Les chiffres, obtenus par le Centre d’Etudes d’Opinion du gouvernement catalan, sont fâcheux pour Artur Mas, car la gauche indépendantiste dépasserait son centre-droit, CiU, également indépendantiste. Ils sont humiliants pour le Parti Popular, qui dirige le gouvernemental central. Le processus catalan trouve ici une lecture singulière, car l’indépendance politique de la Catalogne, qui reste une hypothèse, est une réalité en matière sociologique.

Dans l’immédiat, la première ébauche d’une Constitution catalane, à finaliser en janvier 2015, a été présentée ce 2 novembre. Santiago Vidal, magistrat de l’Audience de Barcelone, en a dévoilé les 97 articles. Le Conseil Général du Pouvoir Judiciaire espagnol lui promet, sous six mois, une suspension disciplinaire, mais le pari engagé est de fonder d’ici là un Etat catalan.

Consultez ici le digest du sondage sur les intentions de vote en Catalogne.

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