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Le second tour des élections régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées livre ses conclusions, en chiffres et en interprétations politiques. Ce scrutin fondant la grande région traduit une avancée notoire du Front National, vainqueur en Languedoc-Roussillon avec 40,31% des suffrages, mais dont le leader Louis Aliot ne siégera pas. Parmi les réactions à Perpignan, la tête de liste des Républicains, Bernard Dupont, avoue que les électeurs «se sont prononcés sur des thèmes nationaux et nous n’avons pas su nous faire entendre». le Parti de Gauche souligne des résultats «extrêmement préoccupants, particulièrement dans les Pyrénées-Orientales», et s’interroge sur le délai de résistance des coalitions face au FN : «on est en droit de se demander jusqu’à quand !». Son représentant Francis Daspe estime que la «droite décomplexée, si forte dans les Pyrénées-Orientales, a acclimaté les idées du Front National pour mieux le dédiaboliser».

Critiques aux «cumulards» et victoire corse

De son côté, Debout la France dénonce la «continuité» d’une «alliance rose-verte aux programmes divergents» et l’échec de la liste LR-UDI-Modem «composée quasi-exclusivement de cumulards» et de «barons locaux» à «Perpignan, Prades, Pollestres, Le Soler». Sur ce registre, Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) vise les «vieux appareils politiciens» et souligne que le Parti Socialiste «s’offre une victoire en trompe l’oeil grâce à l’épouvantail FN, réel vainqueur». Le parti centriste félicite les nationalistes corses, qui prennent le pouvoir pour la première fois, contre «les archaïsmes et clientélismes massifs». CDC annonce la préparation d’une «alternative, raisonnée et partagée», un «projet construit par les Catalans, qui serve les Catalans». Pour Unitat Catalana, le scrutin a démontré un «rejet de la classe politique et de son fonctionnement qui bride toute alternative possible». Cette composante de la majorité municipale de Perpignan salue aussi le cas corse, dont elle admire les «idéaux d’intérêts du territoire».

L’Olivier vise «ceux qui squattent le pouvoir»

Réagissant aussi, l’association politique l’Olivier s’offusque : «qui peut croire que l’on peut changer de politique sans changer le personnel politique ? En clair, sans « dégager » celles et ceux qui squattent le pouvoir depuis tant d’années ?». Son président, Bruno Delmas, vise la présidente du Conseil départemental, Hermeline Malherbe, le «degré zéro de la politique (…) sans vision, sans projet, sans perspectives». L’intéressée provoque d’ailleurs une certaine hébétude en déclarant : «il faut voir ce que l’on peut faire pour répondre aux énormes besoins et attentes des habitants au sein de cette grande région». Elle s’en remet à la future présidente Carole Delga.

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