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Une semaine après le déclenchement des hostilités sur les noms de rue, le maire d’Elne, Yves Barniol, a réagi ce lundi 6 octobre. Le 29 septembre, la majorité municipale a déplacé huit noms de femmes résistantes, dont la sage-femme Marie-Madeleine Blanchard-Fillols et la catholique albanaise Mère Teresa, au profit d’oronymes comme « Canigou » et « Costabonne ». Une polémique médiatique a été engagée par l’ancien maire communiste Nicolas Garcia. Dans sa réponse, le premier magistrat réfute tout idée de « porter atteinte à la mémoire et aux valeurs défendues par de grandes personnalités comme Lucie Aubrac, Rosa Parks, Mère Teresa ». Il précise que les artères du futur éco-lotissement municipal recevront des noms de montagnes « en cohérence avec la thématique et l’ambition environnementale » des lieux.

Débaptiser des rues pas encore baptisées

Dans ses mots, Yves Barniol pointe la presse majoritaire, sans citer la prescription erronée de l’Agence France Presse (AFP), selon laquelle il a « débaptisé » des rues. Dans les faits, les artères ne sont pas encore goudronnées et aucune plaque de rue n’est fixée. Le changement de noms ne comporte pas la violence d’un remplacement physique car le baptême était administratif. Le projet n’a pas été rectifié, mais déplacé, lors du même conseil municipal, vers la deuxième tranche de la Zone d’Aménagement Concerté Las Closes, pour début 2015. Rappelant ce transfert, le maire s’interroge sur les « prochaines manipulations mensongères » de Nicolas Garcia. La réaffectation devrait féminiser les noms d’artères publiques, car, selon une enquête publiée en janvier dernier par l’Union française Soroptimist, seulement 6 % des rues de l’Hexagone rendant hommage à des personnalités, sur un total de 33 %, concernent des femmes.

Le chef de l’opposition, Nicolas Garcia, insiste sur « débaptiser »

Dans un communiqué du 9 octobre, l’ancien maire d’Elne et actuel chef de l’opposition municipale lance « Et c’est moi qui ment ! ». Nicolas Garcia estime que son successeur « se drape, comme d’habitude, dans une vertu qui ne trompe plus les Illibériens », et a insisté : en français cela s’appelle débaptiser ». Il écarte toute intention de monter le sujet en épingle auprès de la presse et remarque que les associations nationales émues par le changement, dont ATD-Quart-Monde, invitent à la « réhabilitation » des noms de rue vers leur première destination.

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