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La formation politique espagnole « Podemos », qui tire son nom du « Yes, we can » de Barack Obama, bousculait la classe politique du pays depuis plusieurs mois. Mais elle l’inquiète fortement depuis mercredi 5 octobre car un sondage du Centre d’Investigations Sociologiques, (CIS), rattaché au ministère de la Présidence espagnole, lui octroie à 22,5 % d’intentions de vote en vue des élections « générales ». Le très droitier Partido Popular obtiendrait 27,5 %, contre 23,9 % pour le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Le scrutin, prévu en décembre 2015, renouvellera les 350 sièges du Congrès des députés et les 208 sièges du Sénat, à Madrid.

Un leader en baskets, âgé de 37 ans

Le nouveau venu sur l’échiquier politique espagnol a vu le jour en janvier 2014 sous l’impulsion du docteur en Sciences politiques et député européen Pablo Iglesias Turrión. Baskets aux pieds, queue de cheval du hipster espagnol, cet intellectuel pragmatique de 36 ans a engagé sa formation aux élections européennes du mois de mai. Elle a obtenu cinq sièges sur les 54 dont dispose l’Espagne, correspondant à un résultat de 7,98 % des suffrages. Brusquement positionné comme quatrième force politique espagnole, Podemos se sent pousser des ailes en devenant virtuelle la troisième, tout en agitant les états-majors des partis majoritaires, qui assistent à la remise en cause d’un bipartisme droite-gauche fort commode. Podemos, nettement ancré à gauche, traduit l’esprit des assemblées populaires nées de la crise, sur les thèmes des expulsions de propriétaires endettés, du malaise de la jeunesse et de la révolte des Indignés espagnols.

Un libéralisme sociétal

L’irruption de cet opérateur idéologique s’inscrit dans le contexte d’une Espagne extrêmement souple en matière d’évolutions politiques. A la différence de la France, où le Front National de Marine Le Pen et le Mouvement Démocrate de François Bayrou prônent une troisième voie, Podemos agrège rapidement les sympathies dans un climat de lassitude des clivages hérités du XXe siècle, mais séduit les prescripteurs médiatiques. L’Espagne, réputée traditionaliste, est relativement versatile en matière idéologique, et porteuse, à l’instar de l’Italie, d’un libéralisme comportemental également enraciné à gauche. Le parti néo-nazi d’origine grecque Aube Dorée y a ainsi déposé ses statuts le 1er novembre.

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