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Ici et là, les messages municipaux prônant le développement durable, ou les campagnes de communication redoublant de labels revendiquant le respect de la nature, sont-ils de simples façades, ou directement des stratégies de diversion ? Après avoir été révélée fin octobre, l’affaire de l’élimination d’un bois de chênes ancestraux, à Argelès-sur-Mer, refait surface en justice. La redoutable Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement des Pyrénées-Orientales (FRENE 66), membre de France Nature Environnement, vient de déposer plainte auprès de la gendarmerie. Elle évoque des “circonstances particulièrement graves d’atteinte au patrimoine naturel” dans une ville “qui prétend être un modèle”, tout en dénonçant le “mépris affiché” par les élus.

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La structure environnementaliste rappelle que le déboisement opéré pour la construction, sur 15 hectares, d’un lotissement aux lieux-dits Neguebous Sud et Aspres de la Sorède, a suscité une vive “opposition de la population d’Argelès, alors même que l’enquête publique sur le permis d’aménager n’était pas  close”. Elle affirme, après examen attentif des lieux et des éléments du dossier, que le code forestier et le code de l’environnement “n’ont pas été respectés”, explique un communiqué en date de ce samedi 17 décembre.

Une zone naturelle sanctuarisée, mais détournée de sa fonction

En vertu de ces constats, FRENE 66 porte plainte et demande au procureur de la république à Perpignan, Jean-David Cavaillé, de “poursuivre les infractions commises”. L’objectif visé est de sanctionner un “défrichement sans autorisation d’un bois, en méconnaissance des articles L.341-3 et L.363-1 du nouveau code forestier”. La fédération a produit les preuves de la destination forestière des parcelles depuis plus de 30 ans. Elle affirme que les 3 500 m2 de défrichement autorisés par le préfet ne couvrent “absolument pas” le déboisement réalisé entre le 18 et le 22 octobre derniers. Par ailleurs, l’abattage de plus de 150  arbres  de haute tige représente une “atteinte forte aux habitats naturels d’une faune et d’une flore protégées”. D’ailleurs, l’étude d’impact effectuée par le promoteur signale ces éléments de biodiversité “sans pour autant en tenir compte”. FRENE 66 entend sanctionner “l’absence de dérogation à la destruction d’habitat et d’espèces protégés » ainsi que la “violation des articles L.411-1 et L.411-2 du code de l’environnement”.

FRENE 66 espère gagner, en demandant à la population de “continuer à se manifester auprès du maire”, Antoine Parra, pour qu’il “refuse de signer le permis d’aménager déposé par la société « Le Domaine des Chênes » et  pour que « M. le procureur ait le temps d’instruire la plainte”.