Langue

Ce mardi 25 mars, la préfecture des Pyrénées-Orientales a enregistré provisoirement les candidatures du second tour des élections municipales du territoire. L’ensemble des listes des communes de plus de 1000 habitants et des localités plus petites doit cependant être confirmée par les services de l’Etat à Perpignan, selon la procédure de légalité habituelle. Dans l’arène politique, son retrait a permis au candidat socialiste, Jacques Cresta, de signaler en conférence de presse un « renvoi de responsabilités sur Jean-Marc Pujol ». Pour sa part, la section communiste de Perpignan a estimé par communiqué que les ingrédients présents « rendent possible l’élection d’un maire FN » et appelé les électeurs « à ne pas porter leur suffrage » sur le candidat du Front National, Louis Aliot. Celui-ci, motivé par un record historique de 34,19% au premier tour, contre 32,71% obtenus par le candidat Jean-Louis De Noëll au premier tour des municipales de 1995, a même dépassé Marine Le Pen. Sa compagne avait été choisie par 11.220 électeurs lors de la présidentielle de 2012 à Perpignan, il en a rassemblé 12.986 le 23 mars 2014.

Perpignan, plateau de télévision pour l’extrême droite

Le Front National, assuré de sa défaite au second tour, mise avec force sur cette échéance, qui braquera sur la ville les caméras des chaînes de télévision généralistes et d’information, ainsi que l’ensemble de la presse française à fort tirage. Perpignan, incluse dans la short list journalistique parisienne des villes prenables, sera citée aux côtés de Béziers, Fréjus, Tarascon et Forbach, tout comme le nom de Louis Aliot. Dans la certitude de cette fenêtre médiatique, le 30 mars est déjà une victoire pour le parti, selon la méthode testée avec succès par le vice-président du FN aux élections cantonales de mars 2011. Perdant du second tour mais brandi en star médiatique locale, celui-ci a renforcé sa notoriété en vue des municipales, et le nom du vainqueur, Toussainte Calabrèse, a presque été oublié. Le Front National agrandit ainsi sa caisse de résonance à Perpignan, tout en convainquant d’honorables citoyens de tous âges de se rallier à son représentant. Cette conjonction, qui répond à des problématiques de terrain indiscutables, est à ranger dans un scénario national, dont Perpignan est figurant.