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La formation politique Nouvelle Donne, fondée le 28 novembre 2013 par le conseiller régional francilien Pierre Larrouturou, anciennement socialiste et brièvement vert, se structure dans les Pyrénées-Orientales. Son montage est confié à Jean Bigorre, lui-même ancien socialiste strauss-kahnien, partisan du groupe Désirs d’Avenir de Ségolène Royal puis d’Europe Ecologie – Les Verts, un « parti pris par ses vieux démons », comme il nous le signale. Positionné « face à la calamité de notre système politique », ce commercial en micro-stations d’assainissement élude toute participation aux scrutins municipaux du Pays Catalan, en tous cas sous la nouvelle étiquette : « nous ne voulons pas apparaître comme les partis traditionnels, recomposés pour les élections ». En adhérant au PS en 1995, Jean Bigorre espérait une poussée centriste inspirée de Michel Rocard, mais les élections régionales de 2010 en Languedoc-Roussillon, opposant fortement Georges Frêche au PS parisien, l’ont « fait réagir », car « la direction nationale n’a pas fait le ménage annoncé dans la fédération régionale, et a revalidé les mêmes personnes« . Il s’agit ici du président régional, Christian Bourquin, et du candidat aux élections municipales de Perpignan, Jacques Cresta, député et secrétaire du Parti socialiste dans les Pyrénées-Orientales.

« Ne rien attendre du système Bourquin »

Qualifiant la gestion Frêche-Bourquin de « néo-féodale » et de « système verrouillé », Jean Bigorre affiche son adversité par rapport au PS des Pyrénées-Orientales, une gauche majoritaire qui induirait un « système dont il ne faut rien attendre ». Il cite l’exemple de la « grue géante du port de Port-Vendres », inaugurée le 2 septembre 2013, pour « décharger des bateaux qui ne sont pas là ». Mais le coordinateur de Nouvelle Donne égratigne aussi François Hollande, partisan de « l’Etat-nation, comme beaucoup de dirigeants socialistes », qu’il oppose à une « Europe fédérale dotée d’autonomies régionales, répondant à un principe de subsidiarité ». Au-delà, depuis Perpignan, l’enjeu du nouveau parti, classé à gauche, est de séduire à l’extérieur du groupe des déçus d’autres formations, pour éviter un simple recyclage politique. Mais Nouvelle Donne « compte déjà des adhérents inconnus en politique », comme « Patrick Pelloux », le médiatique médecin urgentiste, ou « Bruno Gaccio », ancien auteur des Guignols de l’Info. Sur le plan des idées, Jean Bigorre certifie que les autres partis « sont éloignés de la réalité quotidienne » et qu’il existe un « hiatus entre les discours et les actes », source de mécontentements dont le Front National est le « thermomètre ».

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