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A l’écart des sociétés modernes, jouissant d’espaces médiatiques résumés par la télévision, la campagne municipale de Perpignan confronte les idées dans des cadres limités. Jeudi 6 février, le Palais des congrès accueillait ainsi l’enregistrement, par France 3 Montpellier, d’un débat tiède, en présence de 5 candidats, diffusé à l’horaire dissuasif de 10h50, samedi 8 février, après une diffusion tout aussi confidentielle, le soir de l’enregistrement, à 19h, sur France Bleu Roussillon. Cette compensation marginale a comporté des entretiens avec les candidats au siège de l’Union Professionnelle Artisanale des Pyrénées-Orientales (UPA 66), le 28 janvier, avant leur comparution dans les amphithéâtres de l’Université de Perpignan Via Domitia, dès mardi 11 février. Dans cet esprit, l’Union pour les Entreprises des Pyrénées-Orientales (UPE), qui représente le MEDEF, invite les postulants le 26 février au Stade Gilbert Brutus, pour parler fiscalité et développement économique.

L’ingénierie d’Aliot face à l’authenticité des autres

Comme indiqué le 17 janvier, le candidat du Front National (FN), Louis Aliot, titulaire d’un parcours politique national référencé par son rôle de coordinateur de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen, en 2002, est, depuis que Jean-Paul Alduy a quitté la course, le mieux paré pour l’audiovisuel. Parallèlement, ses citations médiatiques nationales, qui ne se comptent plus, ont comporté le 31 janvier le soutien de fait du quotidien Le Monde, puis du Parisien, le 6 février. Le débat de France 3 a montré le compagnon de Marine Le Pen plus communicant que des concurrents portant les stigmates d’un territoire laissé pour compte, peu habitués à s’exprimer en condensé sur un plateau. Servir à la carte, sur un format cadencé, les éléments d’un discours préétabli donnant réponse à tout, reste difficile pour les politiques territoriaux. A leur décharge, la décentralisation médiatique est étrangère à la France, à l’inverse de l’intégralité de ses voisins, et le retard perpignanais contraste avec Toulouse ou Girona, où les télévisions locales viennent à professionnaliser les acteurs politiques. Mais la double-mécanique, en qualité technique et en quantité médiatique, créditant le frontiste, peut tourner au désavantage. Car l’électorat des Pyrénées-Orientales, dans son décalage, peut préférer la maladresse authentique de candidats inconnus à Paris à la spontanéité calculée du candidat Louis Aliot. Par ailleurs, la machine de guerre déployée par le FN à Perpignan, avec pour temps fort un meeting de Marine Le Pen, samedi 15 février au Parc des Expositions, peut se heurter au défaut de l’intrusion, à l’image des maires de Toulouse et Barcelone, Pierre Cohen et Jordi Hereu, venus soutenir la candidate socialiste Jacqueline Amiel-Donat en 2009.

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