Langue

A 11 mois des élections municipales, un sondage consacré au sentiment des électeurs de Perpignan, publié le 17 avril dans les Journaux du Midi, révèle le rattrapage de notoriété du maire. En effet, l’UMP Jean-Marc Pujol, désigné en 2009 par l’ancien premier magistrat, Jean-Paul Alduy, membre de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), s’emploie depuis 2011 à affirmer son nom, avec pour résultat 62 % de confiance accordée par les électeurs, d’après les estimations. Cependant, un volet antérieur de cette enquête, publié le 12 avril, rendait compte de 30 % de Perpignan ignorant le nom de leur maire. Dans sa méthodologie, les 3 et 4 avril, l’Institut français d’opinion publique, Ifop, qui a été mobilisé sur cette étude, a posé la question « Qui selon vous ferait un bon maire ? » à 505 personnes, un panel étroit, à la marge d’erreur importante sur un corps électoral de 67.500 électeurs. Dans la tendance ébauchée, M Alduy recueillerait 42 % des suffrages, tandis que les socialistes Christian Bourquin, Ségolène Neuville et Jacques Cresta susciteraient des scores respectifs de 47 %, 40 % et 23 %.

Le « bon maire » ne suffit pas

Le sondage n’inclut pas de candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) pas plus que du Front de Gauche, comme le déplore le secrétaire fédéral du Parti Communiste des Pyrénées-Orientales, Nicolas Garcia, qui rappelle ses « 10% (voire plus) des suffrages à toutes les élections ». Mais il situe le candidat potentiel d’Europe Ecologie-Les Verts, Jean Codognès, à 40 %, contre 38 % pour l’opposante socialiste élue, Jacqueline Amiel-Donat, sujette à l’union avec le premier. Le FN Louis Aliot attirerait un assentiment de 32 %, explosif dans un contexte réel, mais remettant en cause, comme pour les 8 autres offres présentées, la notion de « bon maire », à dissocier du vote. En commentaire, le vice-président du parti d’extrême droite affirme « mon implantation est désormais indiscutable, alors que la campagne n’a pas commencé (…) l’ouverture de ma liste sera déterminante, car je ne compte pas jouer un simple rôle de figurant !.

Le centriste Romain Grau, comme le maire en 2011

Cette étude à minima, qui se risque à mêler dans un même chiffre les deux questions disparates « ne le connaissent pas ou ne se prononcent pas », situe à 23 %, sur ce critère, le conseiller municipal UDI Romain Grau. Mais le vice-président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée, en charge de l’Economie et épaulé depuis 2009 par Jean-Paul Alduy, s’offre 20 % comme « bon maire ». Au constat du pourcentage visant le sortant, il annonce, dans les Journaux du Midi du 18 avril la réalité d’une « droite et un centre qui s’uniront avec confiance derrière Jean-Marc Pujol ». Mais au-delà, sans fonction élective visible ni notoriété pré-acquise, le partisan du dépoussiérage politique et de l’évolution des acquis du centre et de la droite perpignanais entre dans le jeu et rejoint la position du maire d’il y a deux ans, soumis à une contrainte de notoriété.