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Le député Romain Grau est en tour de chauffe vers les municipales de Perpignan, pour incarner l’opposition à Louis Aliot, candidat du Rassemblement National (RN). Vendredi 20 septembre, au Parc de Clairfont de la commune de Toulouges, le parlementaire a galvanisé 600 fidèles, ambassadeurs d’une candidature dont l’intitulé de pré-campagne est « Mettons Perpignan en marche ! ». Le prétendant, accueilli par le socialiste Jean Roque, maire de la commune de de la Pau i Treva de Déu et conseiller régional, a rodé quelques phrases lapidaires face à l’assistance, pour qualifier Jean-Marc Pujol (Les Républicains), maire sortant de Perpignan « accroché à ses mandats comme l’arapède au rocher ». Il a aussi visé son concurrent direct « qui représente toujours le Front National, même si l’enveloppe a changé pour leurrer les électeurs ». L. Aliot veut « juste afficher Perpignan au tableau de chasse de l’extrême droite », a assuré R. Grau, estimant que l’ex de Marine Le Pen « souhaite utiliser Perpignan comme marche-pied et c’est tout ».

Soutenu par la gauche et des repentis de l’extrême droite

Barbu depuis 2018 pour peaufiner un look moins poupon, devenu mordant dans ses interventions publiques et médiatiques, Romain Grau affiche deux campagne gagnantes, aux élections départementales en 2015 pour aux législatives en 2017. Depuis, l’avocat fiscaliste agrège des soutiens multiples et complémentaires. Il est entouré du Mouvement Démocrate (Modem) incarné par son référent perpignanais et ancien adjoint à la Culture à la maire de Perpignan, Michel Pinell, détaché de l’équipe Pujol. Certains élus FN repentis, comme Clotilde Font et Jean-Louis de Noëll, lui prêtent main forte, à l’identique du mouvement Oui au pays Catalan, dont l’appui logistique et l’expérience électorale sont mobilisés. Cet éventail est complété, directement, par le Parti Radical, mais encore indirectement par la sympathie d’une partie de la gauche qui ne croit pas aux candidatures de son propre bord. La sympathie exprimée par Hermeline Malherbe, présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales et l’ancienne députée socialiste Renée Soum, lors de l’épisode de la dégradation de la permanence parlementaire du candidat, ne trompent pas. Quelques étages au-dessus au sein de l’édifice national, Romain Grau reste suffisamment proche d’Emmanuel Macron, avec lequel il converse régulièrement, pour activer des leviers utiles pour Perpignan. Il reste suffisamment distant d’un Président de la République hors-sol, pour comprendre et agir sur le réel. « Nous arrivons à la fin d’un cycle politique à Perpignan », confie, à 45 ans, celui pour lequel l’objectif final est de « faire décoller le territoire qui m’a vu naître ».

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