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Le candidat du Front National aux élections municipales de Perpignan, Louis Aliot, s’exprime ce 17 janvier auprès de l’Agence France Presse (AFP), qui imagine la capitale du Roussillon comme la « plus grande ville Front National de France ». Le vice-président du parti déclare « Mon challenge, c’est d’arriver en tête au premier tour » et vante un évident avantage de notoriété, qu’il résume par une « dimension nationale que n’ont pas les autres candidats ». En réplique, la radio leader RTL reproduit la dépêche AFP mais elle la titre « Municipales 2014 à Perpignan : le FN pourrait gagner« , tandis que la chaîne M6 interroge : « Municipales : Perpignan première ville frontiste en 2014 ? », titre également choisi par le journal Direct Matin. Ces précieuses citations, ajoutées à d’innombrables interview télévisées, manifestent un déséquilibre structurel séparant le candidat Aliot des autres. Envisager ces derniers faisant les titres de la presse nationale ou les envisager sur les plateaux de télévision parisiens serait fantasque, compte tenu d’assises territoriales purement territoriales, mais l’affirmation du bénéficiaire unique sur la « dimension nationale » induit, travail de terrain en sus, que sa candidature serait possible où que ce soit en France.

L’exercice parisien est ainsi finement abordé par Louis Aliot, car il s’agit d’abolir les distances, en s’exprimant depuis la capitale pour s’adresser, notamment, aux Perpignanais. Cette position, employée par Georges Frêche à la veille des élections régionales de 2010, soulève la question inextricable du temps de parole, dans un contexte de centralisation médiatique constitutif de l’exception française.

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