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Faisant mentir les sondages, le premier tour des élections municipales de Perpignan a placé en tête le candidat et vice-président du Front National, Louis Aliot, à 34,21 %, suivi du maire sortant, Jean-Marc Pujol, soutenu par l’UMP et l’Union des Démocrates et Indépendants, à 30,66 %. En troisième position, avec 11,87 %, le candidat socialiste Jacques Cresta, soutenu par le Parti Communiste, les Radicaux de Gauche et le Mouvement Républicain et Citoyen, a réalisé le pire résultat de la gauche de gouvernement depuis plusieurs décennies. Le second tour sera celui des « valeurs de la droite républicain et du centre, élargi à la société civile », selon les premières déclarations de M. Pujol, attendu comme leader mais placé en challenger d’une nouvelle phase de scrutin qui accentue le réalisme. « Regardons les choses telles qu’elles sont, l’inquiétude des Perpignanais en matière de sécurité marque d’un sceau très fort cette campagne », a lancé le premier magistrat entouré de 300 fidèles, réunis Place Gambetta, à l’annonce des résultats définitifs.

Bourquin propose l’impossible à Pujol

Dès 20h10, le président de la Région Languedoc-Roussillon et secrétaire de la section socialiste de Perpignan, Christian Bourquin, candidat velléitaire à cette élection, adressait une étonnante proposition de fusion avec la liste « Perpignan pour tous » de Jean-Marc Pujol. Le meneur de jeu de gauche a essuyé le refus immédiat de ce projet de tractation maligne, qui renforcerait, selon le maire, la « théorie de l’UMPS » régulièrement brandie par le Front National. La cause étant manifestement perdue pour son candidat, la stratégie de Christian Bourquin, celle de la main tendue dans le vide, préférée à un retrait, fait naître des interprétations, certaines évoquant une nuisance bénéfique au Front National, dérivée de la méthode éprouvée par François Mitterrand. Cette position est cependant désavouée par le secrétaire national du parti chargé des élections, Christophe Borgel. Peu avant minuit, celui-ci affirmait que le PS se retirera « partout où un désistement » permettra d’éviter l’extrême droite, et appuyait : « Nous ferons, à chaque fois, ce qu’il faut pour faire barrage au FN. C’est clair ».

Report de voix des 15,5% des listes Ripoull et Codognès

En vue du second tour, une triangulaire se profile entre Jean-Marc Pujol, Louis Aliot et Jacques Cresta, dont le retrait est cependant demandé sans détours par le candidat divers gauche Axel Belliard, titulaire de 1,9%, obtenus avec la participation de la conseillère municipale socialiste Jacqueline Amiel-Donat. En termes de transfert d’électorat, le principal réservoir, de centre et de droite, est celui de la candidate sans étiquette Clotilde Ripoull, auteur d’une campagne de bonne qualité, créditée de 9,62 %. Le report de voix de l’avocat Jean Cogognès, actuellement membre d’Europe Ecologie – Les Verts, grand perdant du premier tour avec 5,7 %, constitue une autre interrogation. En marge, suite à un taux d’abstention de 42,88%, une mobilisation de refus du FN pourrait donner lieu, le 30 mars, à l’élection de Jean-Marc Pujol, moins par assentiment que par réaction. Celui-ci prend acte de l’alarme déclenchée par une extrême droite choisie pas plus d’un électeur sur trois : « ce parti se nourrit de nos reculades et de nos hésitations. Dans une ville pour tous, il faut que tout le monde puisse être tranquille. C’est le combat que nous allons mener ».

Réactions

Parti de Gauche : « Battre l’extrême droite puis la droite« .
Stéphanie Font (NPA) : « Combattre l’austérité et faire barrage à l’extrême droite« .
Jeunes Engagés : « Nous laissons les électeurs faire leur choix« .
Louis Aliot (FN) : « Écrire ensemble une page nouvelle pour cette ville« .
Jeunesses Communistes: « Danger de voir le fascisme triompher« .