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La liste intitulée « Place aux Perpignanais(es) » concourant aux élections municipales de Perpignan, a effectué son retour dans l’actualité, mardi 4 février, après avoir été déstabilisée le 14 janvier par une communication officielle du Parti de Gauche. Sa réapparition s’accompagne d’un communiqué ravageur, dans lequel son leader, Axel Belliard, membre de ce parti, réclame une « véritable politique de gauche », face « au maire de droite Jean-Marc Pujol », au Front National « dont on connaît les mauvais résultats dès lors qu’il a eu à gérer une municipalité », mais encore contre le candidat du Parti Socialiste, le député Jacques Cresta qui « cumule son soutien et à la politique désastreuse de François Hollande et aux pratiques clientélistes de Christian Bourquin ». Si la tête de liste ne bénéficie d’aucun capital notoriété dans la ville, l’identité de la numéro 2 constitue un pavé dans la mare de gauche, car il s’agit de Jacqueline Amiel-Donat, qui dénonce depuis le printemps 2013 les pratiques du PS. Candidate malheureuse d’une élection primaire organisée en juin, donnant un résultat étonnant de 88% au candidat Cresta, l’avocate titulaire de 33,09% au second tour des municipales de 2009 engage avec elle plusieurs élus encartés PS, au risque assumé d’une exclusion du parti.

Critiques sur la réserve parlementaire du PS Cresta

Le 30 janvier, la candidate aux qualités intellectuelles respectées questionnait l’utilisation, en 2013, de la réserve parlementaire de Jacques Cresta. Elle remarquait que le grand élu, par ailleurs vice-président de la Région Languedoc-Roussillon, avait employé 88,5 % des 130.000 euros alloués, à des actions et subventions concernant les communes de Toulouges, Canohès, Cabestany et Bompas, les 11,5% restants bénéficiant à Perpignan. Elle estimait non sans ironie que Jacques Cresta « s’intéresse vraiment à la vie des perpignanais(es) ».

Le cabinet de Jacques Cresta s’en prend à la « famille Amiel-Donat »

En réaction à cette actualité, Le 5 février, le cabinet parlementaire du député Jacques Cresta nous a communiqué la brève déclaration suivante : « A défaut de se répartir les postes, la famille Amiel-Donat en est réduite à se répartir les listes. Alors que Perpignan doit choisir entre la voie de l’extrême droite et celle de la gauche pour le redressement juste et humaniste que je propose, madame Amiel-Donat a comme seule ambition d’assouvir je ne sais quel désir de revanche. A moins que d’autres intérêts « familiaux » ne poussent JAD, après son neveu Olivier Amiel, à tout faire pour favoriser le candidat d’extrême droite. Le propre des aventuriers c’est de prendre des risques, celui des irresponsables c’est de les faire prendre aux autres. Les Perpignanais qui ne sont pas dupes jugeront ».

Le Parti de Gauche, contre la liste, parle de « règlement de comptes »

Malgré l’appartenance de la tête de liste Axel Belliard au Parti de Gauche (PG), cette formation politique a communiqué sévèrement sa position, ce même 5 février. Sa co-secrétaire départementale dans les Pyrénées-Orientales, Dany Benquet, indique que le PG se refuse « à servir de caution à une entreprise de règlement de comptes » et qu’il ne s’agira « d’aucune manière qui soit » d’une liste du parti de Jean-Luc Mélenchon. Elle dénonce toute « confusion » et « instrumentalisation », tout en réprouvant une « dérive bassement politicienne visant à obtenir un bien dérisoire accessit municipal au prix de reniements ». Dans la mesure où « toute personne qui s’engagerait dans une telle démarche romprait de fait avec le Parti de Gauche », selon ses mots, le journaliste Axel Belliard a pris les chemins de l’exclusion.

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