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La certitude d’une candidature du maire sortant de Perpignan, Jean-Marc Pujol, aux élections municipales du printemps 2014, alimente les bavardages mais ne comporte aucune précision officielle. Pourtant, alors que la socialiste Jacqueline Amiel-Donat annonce également sa présence à ce scrutin, une prise de position singulière intervient. Le Front National Louis Aliot, candidat déclaré dès sa défaite aux municipales de 2009, lance l’idée d’un rapprochement avec l’UMP de M. Pujol. Cet appel compromettant est habilement formulé par l’intéressé : « Il y a un certain nombre de personnes dans l’équipe en place qui sont intéressantes et parmi elles, certaines sont sur la ligne de dialogue avec le FN ». Communiquée le 17 septembre dans les Journaux du Midi, cette formule s’inscrit dans la contribution du parti à la victoire du député sortant UMP, Fernand Siré, aux législatives de juin 2012. Louis Aliot avait alors retiré « sans contrepartie » sa candidate Irina Kortánek, forte de 23,59 % des suffrages au premier tour, sur la 2e circonscription des Pyrénées-Orientales. Parallèlement, M. Siré, titulaire de 27,70 %, faisait bouger les lignes brutalement en appelant de ses voeux un « Front de droite« , contre la candidate socialiste, Toussainte Calabrèse, en tête avec 32,14 %.

Insécurité, porosité idéologique et silence municipal

L’actualité relative à la délinquance à Perpignan et le sentiment d’insécurité associé baignent dans le braquage à main armée, en mars puis en août 2012, d’un même bureau de tabacs du quartier du Moulin à Vent. Ce fait, réel mais isolé, mis à profit par le Front National fin août, l’est aussi par Jean-Marc Pujol. Le 19 septembre, le premier magistrat indiquait par lettre électronique que « la sécurité fait l’objet d’une préoccupation essentielle de l’équipe municipale ». Le maire soulignait des « actions concertées pour le maintien de l’ordre public », rappelait que « les caméras vidéo se multiplient » et citait comme cibles la « mendicité agressive » et « l’habillement indécent« . Cette communication n’est pas innocente, d’autant que le maire a réclamé le 3 septembre une Zone de Sécurité Prioritaire pour Perpignan.

La volonté d’intrigue manifestée par le Front National, fondée sur la réalité du terrain, démontre une porosité possible, propre à déplaire à la droite modérée incarnée par le Parti Radical. Reformulée par Jean-Louis Borloo, le 18 septembre à Paris, en Union des Démocrates et Indépendants, en présence du conseiller municipal perpignanais Romain Grau, cette mouvance en mutation est celle de Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan jusqu’en 2009. Mécaniquement, une inclinaison vers la droite de l’UMP municipale, imprégnée de l’ancien RPR, éloignerait Jean-Marc Pujol de ce centrisme ancré dans la ville. Or, la tentative d’arbitrage du FN ne suscite aucun démenti de la part de l’Hôtel de Ville.

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