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La Clau
Perpignan-Méditerranée va « s’étendre à nouveau très rapidement », selon le PCF
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Le Parti Communiste (PC), seule formation politique véritablement opposée à la réforme des collectivités territoriales, s’est indigné plusieurs fois, depuis 2010, contre la prépondérance de Perpignan-Méditerranée Communauté d’Agglomération (PMCA). Les 36 communes qui la composent sont principalement dirigées par des maires membres de l’UMP, du Parti Socialiste, ou sans étiquette. Seule la ville de Cabestany, englobée dans PMCA le 1er janvier dernier, comporte un maire communiste, Jean Vila, qui tient le siège de 6ème vice-président de cette institution. Dans un communiqué du 11 mai, la fédération du PC des Pyrénées-Orientales juge que la carte intercommunale provisoire lancée par le Préfet « tient apparemment compte des vœux de la quasi-totalité des maires », tout en considérant cette stratégie « dangereuse pour nos communes et leurs populations ». Les communistes, qui perçoivent un « déséquilibre territorial » en Pays Catalan, anticipent sur l’avenir, en prédisant une agglomération qui va « s’étendre à nouveau très rapidement », peut-être « au nord comme au sud ».

Depuis quelques mois, le PC, dont le protagonisme repose fortement sur la maîtrise de quelques rares mairies, s’avère être devenu un grand défenseur de la tradition départementale. Sans surprise, le parti craint de voir « disparaître à terme les communes telles que nous les connaissons », au nombre de 226 dans les Pyrénées-Orientales. Mais alors que la mutualisation des dépenses, des services et des infrastructures, qui fonde les intercommunalités, correspondrait à un certain idéal de gauche, le parti redoute de voir « privatiser les services publics locaux », et cite l’eau, l’assainissement, les pompes funèbres, les ordures ménagères, la restauration et les transports.

Par delà les interprétations idéologiques ou de court terme, parfois adaptées aux mandats des maires, le redécoupage du Pays Catalan vise à améliorer le territoire. Sur ce critère, les problématiques restent sont spécifiques en plaine du Roussillon, le secteur le plus peuplé et le plus actif. D’autant qu’il finira par accueillir 6 ou 7 flux, à moyen terme : une autoroute à 3 voies, une Ligne à Grande Vitesse, une Ligne à Très Haute Tension, un gazoduc, des routes, une voie ferrée conventionnelle et peut-être même l’eau du Rhône, toutes choses ne concernent pas la partie Ouest. L’actuel schéma intercommunal, encore morcelé, doit être validé ou amendé par les conseils municipaux avant le mois d’octobre, puis sera effectif avant la fin de l’année. Pour l’heure, les Pyrénées-Orientales sont composées de 15 ensembles intercommunaux, que les services de l’État souhaitent voir réduire au nombre de 11, voire moins.

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