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Le militant identitaire Llorenç Perrié Albanell, habitant du Roussillon, signe l’ouvrage d’analyse “Mouvements et partis politiques nord-catalans, un marasme ?”. Ses pages sans concessions radiographient plus de 50 ans de catalanisme politique, depuis l’élan de Mai 68. Elles sont l’occasion de critiquer un “éparpillement des forces” et un “sectarisme” des partis catalans, employés comme de simples appoints électoraux par les partis centralistes : “pendant une campagne électorale, il s’agit de grappiller quelques voix des électeurs indécis un peu partout”, indique l’auteur. Classant l’ancien maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, parmi les “momies de la vie publique”, il identifie une“colonisation mentale provoquée par les institutions politiques jacobines » en toile de fond de la vie politique.

Dans ce réquisitoire, L. Perrié Albanell évoque les échecs successifs des formations Unitat Catalana, Esquerra Republicana de Catalunya, Esquerra Catalana dels Treballadors (ERC), Acció Regionalista Catalana, Unitat Nacionalista, Oui au Pays Catalan, Convergence Démocratique de Catalogne (CDC), le Bloc Català et Resistència. Au total, près d’une dizaine de partis démontrent ne jamais avoir suscité, sauf exceptions très localisées, des résultats électoraux suffisants pour faire émerger un véritable courant de pensée considéré par l’opinion, comme observé au Pays Basque (doté d’une entité territoriale unifiée depuis 2017), en Alsace (où un statut territorial est en vigueur depuis le 1er janvier dernier), en Bretagne ou en Corse, dont trois partis nationalistes dirigent l’Assemblée, pour un territoire comptant trois députés nationalistes pour quatre sièges. La faiblesse du catalanisme politique en Catalogne du Nord est telle que le projet de Collectivité Territoriale Unique (CTU), avancé par Oui au pays Catalan, principal parti actuel, reste un OVNI pour la presse comme pour le quidam.

Concernant la Catalogne du Sud et son processus d’indépendance entamé en 2010, ce livre vif dévoile le scénario de billard à trois bandes espéré par certains catalanistes. Selon eux, le Sud libéré du joug de l’Espagne viendra libérer le Nord, dont ces militants abandonnent donc les “problématiques”. De son point de vue acéré, L. Perrié Albanell juge que les partis politiques sud-catalans sont “répulsifs” à Perpignan, en raison de tempos politiques et de vécus historiques disparates.

“Mouvements et partis politiques nord-catalans, un marasme ?”.
112 pages. Édité par le Cercle Català del Rosselló.

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