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Dans sa version catalane, la recomposition territoriale française envisagée par Nicolas Sarkozy pour 2014 ne plaît pas au Conseil Général des Pyrénées-Orientales. Lundi, à l’issue d’un long et vif débat, 23 élus de gauche de l’assemblée départementale ont validé un avis défavorable envers le projet de “Schéma de coopération territoriale”, tandis que le groupe UMP, composé de 6 membres, ainsi que les non-inscrits Guy Ilary et Pierre Bataille, se sont abstenus. Mardi, dans un communiqué, la présidente de l’institution, Hermeline Malherbe, synthétisait les critiques contre ce schéma, qui souffrirait d’une “absence de vision équilibrée du territoire” et manifesterait une “atteinte au principe de la libre administration des collectivités”, tandis que sa définition des périmètres “ne tient pas compte des compétences” ni de “l’intérêt des usagers”. La majorité départementale juge ”courts” les délais proposés, qui suggèrent un schéma arrêté au 1er juin 2013 et appliqué en 2014.

L’ébauche du futur puzzle territorial, qui comporte l’extraordinaire quantité de 11 pièces distinctes, a été présentée le 30 avril par la préfecture de Perpignan. Comme partout en France, ce schéma concurrence le Conseil Général, en décentralisant et en répartissant les pouvoirs, dans le cas présent au sein des Pyrénées-Orientales. Mais les Conseils Généraux, nés en tant que “conseils du département” en 1789 avant de trouver leur dénomination actuelle en 1800, fondent la France républicaine, inspiratrice directe des forces de gauche. Or, la réforme de l’Etat pilotée par l’UMP présente dans les Pyrénées-Orientales une distribution des bassins de vie qui tend o offrir, à gros traits, un caractère officiel aux régions historiques en vigueur sous l’Ancien Régime. Moyennant des retouches, ajouts et regroupements, la nouvelle carte est ainsi un simple retour aux 6 “comarques”, régions historiques, dont la liste est composée du Roussillon, du Vallespir incluant la Côte Vermeille et le massif des Albères, du Conflent, de La Cerdagne, du Capcir, et du Fenouillèdes. Ces marques territoriales, jamais disparues malgré leur caractère non-républicain, semblent correspondre aux territoires pertinents encouragés par l’Union Européenne.

Parfois dénoncée comme un catalogue de “féodalités”, la réalité des bassins de vie sous-tend les discussions en cours, autant dans l’adhésion que dans l’évitement, historique et forcené. Christian Bourquin, vice-président du Conseil Général, à Perpignan, lançait d’ailleurs lundi C’est la première fois depuis 1789 que la loi donne à un fonctionnaire de l’Etat -le préfet des Pyrénées-Orientales – ndlr- l’opportunité de commettre un acte politique majeur comme celui de regrouper des communes ». Il est ainsi question de moduler un aspect de la Révolution Française, sans remettre en cause la République Française.

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