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Pour la première fois depuis sa fondation en 1972 (en tant que que “Front National”) le Rassemblement national tient congrès à Perpignan, les 3 et 4 juillet. Steeve Briois, vice-président du parti d’extrême droite, annonce un événement tourné “vers un avenir à la fois prometteur et plein d’enjeu”, car les sondages positionnent Marine Le Pen en situation de victoire à l’élection présidentielle. La présidente de la formation était créditée de 48 % au second tour selon un sondage réalisé par Harris Interactive en janvier, puis de 43 % par une enquête Ipsos-Sopra Steria rendue publique en avril. En 2017, la présidentielle s’était soldée par 66,1% des suffrages exprimés sur la candidature d’Emmanuel Macron, contre 33,9% pour Marine Le Pen.

Contre la tenue du congrès du RN à Perpignan, pas moins de 25 organisations de gauche se sont signalées dès la mi-avril. Ensemble, elles portent le nom “Visa 66”, pour “Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes”. Ce collectif de la riposte, composé de syndicats et partis centralistes, estime que le discours d’extrême droite “s’est installé durablement dans notre société et ne peut que nous alerter sur le danger grandissant qu’il représente, y compris au niveau du pouvoir central”.

Le succès de la mobilisation de Visa 66 est incertain, à moins d’un appel national à rallier Perpignan, qui assurerait une publicité au parti. En effet, le pouvoir exercé par Louis Aliot, maire de la ville depuis bientôt un an, ne suscite aucune opposition en dehors d’actes symboliques, comme la manifestation contre le blason de la Ville, le 10 avril, et une tentative de décrédibilisation médiatique, trois jours plus tard. L’amphitryon du congrès peut dormir tranquille, car la riposte ne dispose pas de moyens organisationnels. Le potentiel réel des 25 structures opposées peut d’ailleurs interroger, car la multiplication des logos d’organisations, dont certaines sont inconnues, reste une diversion de communication visant généralement à compenser un manque de force.

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