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En invalidant l’élection municipale de 2008 à Perpignan, ce jeudi 23 avril, le Conseil d’Etat fait vaciller une institution nord-catalane, en ouvrant la guerre de succession au maire Jean-Paul Alduy. En réalité, d’autres villes voient se succéder le fils au père, ou la femme au mari, la patrimonialisation d’une charge publique et l’existence de fiefs électoraux étant réelle dans une république démocratique. La spécificité de Perpignan est le rappel de l’opinion publique, selon laquelle depuis les débuts du père, Paul Alduy, en 1959, jusqu’aux dernières années du fils, en poste pendant 16 ans, les édiles de la ville, et ainsi la majorité des électeurs perpignanais, ont été le plus souvent dans l’opposition par rapport aux majorités nationales. Or, l’invalidation d’aujourd’hui survient au moment même où le maire était le plus en adéquation avec la majorité tant présidentielle que parlementaire. Cela pourrait permettre à Perpignan, dans de nouvelles élections, de retrouver sa place dans l’opposition à l’échelle française. La question est de savoir comment, à travers un demi-siècle, la population perpignanaise, moins homogène dans sa composition, resterait rebelle à l’alignement français, le plus drôle étant que le faîte de l’Etat la pousse dans cette voie par un nouveau vote.

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