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La Clau
Perpignan rate les milliards de l’Université Sud de France appuyée par l’Etat
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L’Université de Perpignan, dont l’autonomie de décision a été discrètement repoussée à 2012, lors d’une déclaration interne de son président, Jean Benkhelil, en novembre dernier, se heurte à une nouvelle difficulté, celle-ci durable. Jeudi 6 janvier, après des fêtes de fin d’année mouvementées à la présidence des trois universités de Montpellier, le président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin réussissait le tour de force de réunir les trois établissements sur un projet « Idex ». Financé par le grand emprunt de Nicolas Sarkozy, ce projet devrait permettre aux ressources universitaires de la capitale régionale de bénéficier d’une manne de 1 à 3 milliards d’euros, autour du thème fédérateur « L’Homme dans un environnement en mutation ». Ce schéma fédéré et le thème associé ont été déposés en fin de semaine dernière au ministère de l’Enseignement supérieur. Vendredi, le président Bourquin évoquait un enjeu « énorme », notamment pour « le monde universitaire, les étudiants, l’économie et l’emploi.

A court terme, le campus fédéral « Montpellier Université Sud de France », qui réunira aussi les organismes de recherche et les grandes écoles, disposera de 11 pôles thématiques sur un pôle à rayonnement européen, voire mondial. L’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) n’est cependant pas partie prenante de ce label néanmoins régional, tout en étant envisagée au mieux comme partie annexe. Cette configuration irrite le Parti Communiste des Pyrénées-Orientales, dont l’organe de Presse Le Travailleur Catalan indique cette semaine « 5 milliards pour les universités mais rien pour Perpignan ». Face au silence des autres composantes politiques des Pyrénées-Orientales, et des personnalités socialistes opposées, en coulisses, à une exclusivité montpelliéraine, les rangs de l’UMP s’agitent modérément. Dans une opposition prévisible, le responsable des jeunes du parti, François Lietta, lançait vertement, ce lundi soir par communiqué, « Christian Bourquin méprise l’Université de Perpignan », et constatait « avec tristesse » que l’UPVD est « oubliée une nouvelle fois » du Président de Région, quel qu’il soit. Par sa voie, l’UMP dénonçait : « les Universités de Montpellier sont noyées sous les subventions de la Région, et Perpignan n’en reçoit que les miettes ».

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