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Le débat sur le cumul des mandats se poursuit en Pays Catalan, après la déclaration de Christian Bourquin le 28 septembre à Montpellier. Le sénateur des Pyrénées-Orientales et président de la Région Languedoc-Roussillon lançait « Ce que pense Martine Aubry, je m’en fous totalement ! », suite à une lettre de l’ancienne première secrétaire du Parti Socialiste invitant les siens, le 28 août, à montrer l’exemple. Cette prise de position de l’ancien président du Conseil général des Pyrénées-orientales n’est pas partagée par le groupe PS du conseil municipal de Perpignan, qui l’a fait savoir le 21 septembre. Mais cet épisode induit une suite, indiquée le 23 octobre par les conseillers municipaux Martine Ruiz et Frédéric Gonano, membres du groupe. Dans un bref communiqué, les deux élus de la liste « Nouvelle union avec la gauche » ont réprouvé la position du secrétaire fédéral de leur parti, Jacques Cresta, favorable au cumul. Ce dernier, élu député au mois de juin, a pourtant démissionné en septembre du conseil municipal de la ville de Cabestany, perdu automatiquement son poste de conseiller communautaire à l’Agglomération Perpignan Méditerranée, mais conservé la vice-présidence régionale. Pour les deux membres du groupe PS, cela ne suffit pas, car le président de la République, François Hollande et le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ont « confirmé l’instauration d’une loi contre le cumul des mandats », qui constitue un « premier pas nécessaire vers une modernisation des pratiques politiques ».

La supposée candidate aux municipales n’ira pas

Egalement opposée au cumul, la députée PS Ségolène Neuville a quitté la vice-présidence du Conseil général, début septembre, tout en adressant un courrier à Mme Aubry. Dans cette missive vigoureuse, la parlementaire, qui reste conseillère générale du canton de Perpignan 5, précisait que certains députés « continuent à exercer une activité professionnelle, comme les avocats ou les enseignants universitaires, cumulant ainsi salaires et indemnités, sans que cela n’émeuve personne ». Le positionnement du duo Bourquin-Cresta semble ainsi renvoyer à une certaine période, tandis que les sentiments divergents témoignent d’un désir de changement. Ce non-alignement sur les positions et volontés de Christian Bourquin apparaît aussi dans la préfiguration des élections municipales de 2014. Pressentie comme candidate pendant plusieurs mois, Mme Neuville, dans une démonstration d’exemplarité, ne souhaite pas concourir.