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arCe vendredi 17 avril, le député européen et chef de l’opposition à la mairie de Perpignan, le FN Louis Aliot, soulignait l’intérêt d’une gare TGV extérieure à Perpignan, dans le journal L’Indépendant. Estimant que « tous les TGV traversant les départements de France s’arrêteront dans des gares périphériques », il défendait une gare autre que l’actuelle, celle du Centre del Món, alors que l’Agglomération Perpignan Méditerranée, réunie le 13 avril sur ce sujet, « refuse catégoriquement une halte à Rivesaltes ». Louis Aliot considère que les élus majoritaires ont des « mentalités fermées » et font courir au territoire le risque de devenir « cul-de-sac de la France ».

François Calvet : « le paillasson d’une ligne européenne »

En réponse, le sénateur UMP et maire de la ville du Soler, François Calvet, précise que l’Agglomération refuse « la cicatrice proposée par SNCF Réseau / RFF qui impacte la plaine du Roussillon » et devenir « le paillasson d’une ligne européenne de fret entre le Maghreb, l’Espagne et l’Allemagne sans qu’elle apporte quoi que ce soit à l’économie locale ». Très en verve, le responsable de l’UMP des Pyrénées-Orientales recommande à Louis Aliot de « défendre les dossiers de notre département et d’obtenir des financements pour notre territoire au lieu de courir les plateaux de télévision ».

Jean-Marc Pujol : « Perpignan a déjà sa gare TGV »

Pour sa part, le maire UMP de Perpignan et président de Perpignan Méditerranée, Jean-Marc Pujol, dénonce une « façon radicale d’imposer la marche, sans aucune possibilité de dialogue ». Le premier magistrat relève que la notion de « cul-de-sac » signifie tourner le dos à Barcelone alors même que la seule ligne TGV disponible à Perpignan est celle du Sud. Il place le vice-président du FN sur le terrain d’une « indifférence » qui témoignerait d’un « mépris insupportable ». Jean-Marc Pujol affirme « Perpignan a déjà sa gare TGV (…) Pourquoi en créer une seconde ? »

Debout la France et la « mort économique » de Perpignan

Dans un communiqué intitulé « Louis Aliot, le Toulousain », la fédération du parti souverainiste Debout la France dans les Pyrénées-Orientales réagit aux déclarations de l’intéressé. Elle estime que le dirigeant d’extrême droite s’aligne « sur la position des socialistes pour définitivement enterrer le Pays Catalan ». La formation de Nicolas Dupont-Aignan estime qu’une nouvelle gare induirait des « coûts supplémentaires pour les usagers » depuis Perpignan, une « défiguration » du territoire et la « mort économique ou touristique de sa principale ville, dernière ou première ville française sur cette ligne à grande vitesse ».

Louis Aliot répond : « défendre le désenclavement définitif de notre région »

Dans un communiqué de réponse à la réponse à ses propres affirmations, Louis Aliot a relié le thème du TGV, ce samedi 18 avril, aux élections régionales. « S’engager dans cette campagne électorale c’est aussi défendre le désenclavement définitif de notre région et de notre département en reliant par la LGV, non seulement Montpellier à Barcelone via Perpignan, mais aussi en reliant l’Atlantique à la Méditerranée et Bordeaux à Narbonne ». M. Aliot, désigné par son parti comme tête de liste FN lors du premier scrutin de la grande région regroupant le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, a profité de l’occasion pour se poser en défenseur du Pays Catalan : « Mon engagement régional, vaut engagement pour Perpignan et Perpignan a tout à gagner à ce que nous prenions la Région ».