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Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est l’objet d’une campagne d’affichage urbain depuis le début du mois d’août à Perpignan. Cette opération se traduit par le collage illégal, sur certains panneaux de signalisation, de portraits de l’intéressé portant la mention « Manuel te surveille ». Progressivement effacée par le service propreté municipal, cette apparition en centre-ville traduit les sentiments contrastés exprimés envers le ministre préféré des Français. Par la critique, elle indique, dans une période d’atonie gouvernementale, l’importance prise par le fils de peintre, cousin de compositeur et mari de violoniste. Car Manuel Valls battrait Nicolas Sarkozy de 5 % dans un second tour d’élection présidentielle, selon un sondage publié le 3 août par l’hebdomadaire Marianne.

La critique de l’inquisiteur devient publicité

Préparant un projet de loi sur l’immigration, partisan de la rigueur budgétaire, l’imperturbable Manuel Valls envisage l’interdiction du voile islamique à l’université et affronte verbalement les émeutes en banlieue française ou la problématique des gens du voyage. La figure montante de la politique française, perçue à droite du Parti Socialiste Français, c’est-à-dire en accord objectif avec le Parti Socialiste Catalan, séduit davantage hors de son camp qu’elle ne déçoit les alliés du PS. En Pays Catalan, sur ce principe centriste, le placardage du visage du ministre, présenté comme inquisiteur, devient publicitaire, contre l’intention des auteurs. S’il reste significatif que François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont été ministres de l’Intérieur avant d’accéder à la fonction suprême en France, l’ambition de Manuel Valls, médiatique toute l’année, est une évidence depuis sa participation à la primaire socialiste de 2011.

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