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Le défi éducatif à Perpignan a centré la cinquième rencontre publique organisée depuis sa fondation par le club Perpignan 2020, présidé par l’avocat fiscaliste Romain Grau. Le 14 février, un forum coordonné par le vice-président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée et conseiller municipal membre de la majorité, épaulé par l’adjointe indiquée pour le sujet, Nathalie Beaufils, a ébauché de nouvelles politiques, sous l’intitulé « Education et scolarité : grandir et apprendre à Perpignan« . Selon sa méthode, Perpignan 2020, a placé les idées au-dessus de la mêlée électorale, mais en se révélant davantage. M. Grau affirmait d’emblée que l’Ecole est « notre principal ascenseur social » avant de considérer que sa « gouvernance est mauvaise depuis 40 ans », tout en défendant la réforme des rythmes scolaires, qui donnerait lieu à une « éducation à la pointe » comparable aux pays de référence en Europe. Par ces prises de position sans ambiguïtés, le plus jeune acteur politique décisif des Pyrénées-Orientales a fendu l’armure, à guère plus d’une année d’élections municipales auxquelles ont déjà postulé le maire UMP Jean-Marc Pujol et le FN Louis Aliot.

Souhait de rupture avec le XXe siècle

Plus neutre, Mme Beaufils situait l’Ecole comme un apprentissage du « bien-vivre ensemble » et un outil d’anticipation des « phénomènes de violence », propos appuyé par le premier adjoint Jean-Paul Alduy, présent parmi le public, défendant un « Plan adolescence » car « certains dysfonctionnements sociaux proviennent de l’adolescence ». Ce forum, nourri de données chiffrées sur la petite enfance dans la ville et d’échanges sur les politiques périscolaires actuellement à l’étude au ministère de l’Education nationale, a traité l’importance des langues sous des latitudes frontalières, Romain Grau affirmant un souhait de rupture avec les perceptions du XXe siècle, coriaces à Perpignan : « A Barcelone, il faut parler le catalan mais l’anglais y est présent, à l’international ». Nathalie Beaufils poursuivait « insistons sur le catalan et mettons-nous à l’anglais, très vite », avant d’aborder l’acclimatation de l’enfance aux mécanismes démocratiques. Elle défendait ainsi l’idée d’un « conseil municipal des enfants », comme il en existe à Toulouse, Bordeaux, Vic et Ripoll. Cette structure siégeant à l’Hôtel de Ville aurait en charge d’inventer de nouvelles gouvernances, voire à questionner les adultes par l’innocence.

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