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La radiographie socio-économique des Pyrénées-Orientales reste opaque, malgré les chiffres fréquemment détaillés, abordant un aspect précis, car chaque statistique intervient de manière isolée, sans synthèse des données. Dans ce sens, la dernière connue y signale 92.000 personnes classées en dessous du seuil de pauvreté, en 2011, selon les chiffres présentés en décembre 2013 par L’Institut national de la statistique et des études économiques(Insee). Cette précarité concernant 25.000 familles fixe un record territorial de 20,4%, sur une population de 452.530 habitants au 1er janvier 2014, en réalité relative au 1er janvier 2011. A titre comparatif, la moyenne nationale représente 14,3%, mais les Pyrénées-Orientales sont dépassées par le Pas-de-Calais, à 20,7%, et l’Aude, à 21%, autres départements périphériques, tandis que la Seine-Saint-Denis, en région parisienne, produit un taux de 24,8%. Parallèlement, 32% des habitants de Perpignan sont concernés, la capitale du territoire se classant ainsi en cinquième position nationale parmi les grandes villes, après Béziers, selon un rapport communiqué le 28 janvier par le centre d’observation de l’entreprise Compas.

Faible taux d’activité dans un département passif

Parallèlement à ces données cruelles, la proportion d’actifs, catégorie au nom optimiste incluant les personnes percevant des revenus professionnels ou des allocations de chômage, représente 56,2%. En ôtant à ce pourcentage cosmétique les plus de 30.000 demandeurs d’emploi au sens strict, signalés en décembre 2013, ou encore les emplois à temps partiel, le Pays Catalan afficherait un taux d’activité inférieur à 50%, seuil fatidique qui, rapporté à l’échelle d’un pays, remettrait en cause jusqu’à son existence. Le territoire comporte donc au mieux une personne productive pour une personne passive, sans travail, retraitée ou en incapacité, mais, à la faveur d’un cloisonnement statistique ministériel, les 56,2%, calculés par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi du Languedoc-Roussillon (DIRECCTE) ne dialoguent pas avec les autres critères. L’étude globale de la réalité sociale, issue d’un calcul où interviendraient ce taux d’activité, celui du chômage, le niveau salarial, le revenu par habitant et les données relatives à l’emploi précaire, en dehors de considérations de PIB, donnerait lieu à un tableau trop noir pour être exposé.

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